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Crédit Agricole Assurances à la manoeuvre pour relever le défi des taux bas
Si vous demandez à Jérôme Grivet, le patron de Crédit Agricole Assurances, quel est son pire cauchemar, il n’hésite pas une seconde : Des taux zéro pendant 20 ans ! Difficile en effet pour les assureurs, actuellement, de naviguer avec des taux d’intérêt aussi bas et ce, alors que le carcan réglementaire se fait chaque jour plus contraignant.
Malgré ce contexte, la filiale assurances du Crédit Agricole a quand même enregistré de belles performances l’an passé. En épargne retraite, le chiffre d’affaires a atteint 24,2 milliards d’euros en hausse de 17% sur 2013. La collecte nette a touché les 9 milliards d’euros pour un encours en progrès de 5,9% à 249 milliards d’euros dont 18,7% de contrats en unités de compte. Et c’est bien là où réside le grand défi que devra relever le groupe ces prochaines années : réussir à convaincre ses clients de transférer une partie de leurs fonds en euros vers des unités de compte. Avec un double objectif : permettre aux épargnants de réaliser des performances plus juteuses que celles offertes par les placements obligataires mais aussi alléger les encours des fonds en euros, aux rendements intenables compte tenu du niveau des taux d’intérêt. Le groupe de Jérôme Grivet n’a, certes, pas hésité à couper dans les rendements au titre de 2014. « Je partage tout à fait les propos de Christian Noyer lorsque celui-ci a exhorté les assureurs de trancher dans les rendements des fonds en euros. Il faut assumer la baisse des taux de ces fonds. Solvabilité II sera d’ailleurs là pour rappeler aux imprudents qui ont conservé des rémunérations agressives qu’ils devront mettre une couche additionnel de capital dès janvier 2016», a lancé le patron de Crédit Agricole Assurances pour qui l’assurance vie présente bien d’autres avantages : sécurité, liquidité, maniabilité. Sur ce dernier point, il est effectivement aisé de procéder à des arbitrages. Jérôme Grivet compte justement sur cet aspect pour valoriser de nouveaux contrats type Vie Génération et Euro croissance, des fonds flexibles ou immobiliers. Il mise également sur les innovations récentes que constituent le mandat d’arbitrage (donnant le droit aux gérants du Crédit Agricole de procéder à des arbitrages en accord avec les demandes du client) ou la gestion conseillée.
Il ne souhaite toutefois pas transformer radicalement les portefeuilles de ses clients, la part des fonds en euros étant appelée à rester durablement majoritaire. Il se félicite, enfin, des nouvelles possibilités offertes aux assureurs, comme celle de pouvoir investir dans des produits de dette, ce dont il ne compte pas se priver à l’avenir. Sans pour autant remettre en question les grands équilibres actuels où les actions représentent entre 5 et 7% des actifs gérés. Il continuera, par ailleurs, d’être très présent dans l’immobilier et les infrastructures (il est déjà au capital d’ADP, de la Sanef, de parcs d’éoliennes et de panneaux solaires ou d’un aéroport italien). « La vocation de l’assurance vie n’est-elle pas de mettre l’épargne des ménages au service des infrastructures utilisées par les particuliers ? », lance Jérôme Grivet. Alors est-il parti pour faire durablement des cauchemars ? Pas forcément si l’on écoute aujourd’hui le discours de Janet Yellen, la nouvelle patronne de la Fed. Mais à voir avec quelle rapidité la hausse des taux américains se répercutera sur ceux du vieux continent.
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