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Private equity : les fonds US acculés à dévoiler tous leurs fees
De mois en mois, la pression s’accentue sur le private equity, un secteur de la finance qui reste encore très peu réglementé et qui revient sur le devant de la scène aux Etats-Unis, sur fond d’échéances électorales. Il y a quelques jours, c’est John Chiang, le trésorier de l’Etat de Californie, qui a publié une lettre dans laquelle il déplore qu’ « en l’absence de règles fédérales, la loi de l’Etat devrait imposer aux fonds de private equity de dévoiler toutes les commissions payées par les fonds de pension californiens ». L’homme politique reconnaît ainsi que les fonds de pension ont profité de ces investissements, qui génèrent des rendements supérieurs à d’autres classes d’actifs, mais regrette le manque de transparence, des informations sur le coût réel que cela implique pour le contribuable final. Il invite en particulier CalPERS, le fonds de pension des fonctionnaires de Californie, et CalSTRS, le fonds de pension des enseignants, à réclamer la publication de tous ces frais et à les communiquer à leurs cotisants. Cela implique tout ce qui est lié aux management fees, les dépenses des fonds, le carried interest et les frais relatifs aux transactions.
Ce nouveau front vise à « anéantir le désordre du private equity », une classe d’actifs qui a fait l’objet de nouvelles règles avec AIFM en Europe, mais qui n’a encore aucune obligation de transparence sur les frais qu’elle facture à ses porteurs de parts. Or si la règle est celle du 2-20, c’est à dire 2% de management fees annuels sur la taille du fonds et 20% de carried interest sur les plus-values générées au-dessus d’un certain seuil, les fonds reportent bien d’autres frais annexes auprès de leurs clients. Les frais de transaction et légaux (voire pour des litiges qui impliquent les fonds eux-mêmes), mais aussi les audits réguliers pour vérifier la progression de la participation, sont autant de dépenses répercutées sur la participation, donc sur le client final.
Le débat s’est récemment porté sur les « monitoring fees », les frais que les fonds perçoivent pour leurs services de conseil auprès de leurs participations. Blackstone a accepté au début du mois de payer 39 millions de dollars afin de solder ces poursuites. En juin, KKR avait consenti à s’acquitter de 29 millions de dollars pour avoir perçu des commissions indues auprès de ses Limited Partners. L’étau se resserre donc pour les Blackstone, Carlyle, TPG et autres Apollo, qui gèrent ensemble 3 900 milliards de dollars mais refusent de détailler leurs commissions sous prétexte que ce sont des accords contractuels privés avec leurs LPs. Ces derniers ont jusqu’à présent rechigné à le faire aussi, craignant de se voir refusée l’entrée des fonds les plus performants.
Mais la roue tourne : CalPERS s’est lancé dans une revue détaillée des carried interest qu’il paie, et les investisseurs, qui ont pris l’ascendant alors que de plus en plus de fonds les sollicitent pour leurs collectes, négocient de plus en plus âprement les différents postes de coûts. Si le sujet ne sera pas aussi brûlant que lorsque Mitt Romney, fondateur de Bain Capital, était candidat à l’élection présidentielle, la présence de Jeb Bush, qui a commencé sa carrière dans le métier, et d’Hillary Clinton, réputée proche de Wall Street, promet de placer le sujet au cœur des débats. Même si, pour le moment, le private equity peut compter sur l’appui d’un Congrès résolument républicain.
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