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La Fed peut-elle faire plonger les Etats-Unis en récession?

La banque centrale américaine a comme prévu laissé ses taux inchangés et annoncé le début de réduction de la taille de son bilan dès le mois prochain. Mais son discours plutôt agressif sur la poursuite du resserrement monétaire inquiète plusieurs spécialistes.
FED - logo
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Depuis de longs mois désormais, Janet Yellen s’emploie à rassurer les investisseurs sur le fameux « tapering » : la réduction du bilan de la Fed, qui atteint aujourd’hui 4.500 milliards de dollars, sera un process lent et progressif, qui ne provoquera pas d’assèchement brutal des marchés. Celle qui est réputée pour sa grande prudence avait même comparé ce mouvement à «regarder la peinture sécher », pour rassurer les acteurs du marché. Ce mercredi, la Réserve Fédérale a pourtant réussi à surprendre sur un plan : si elle a comme prévu maintenu ses taux directeurs à une fourchette de 1 à 1,25% et confirmé le début de la réduction de son bilan pour le mois prochain, selon les conditions présentées en juin dernier, elle a maintenu ses prévisions d’une nouvelle hausse des taux d’ici à la fin de l’année.

Or, un nouveau tour de vis monétaire paraît assez agressif au regard des conditions économiques actuelles. Certes, l’institution a relevé ses prévisions de PIB cette année (de 2,2% en juin dernier à 2,4%) et en 2019 (de 1,9% à 2%) et entrevoit un taux de chômage plus bas en 2018 et 2019 (4,1% contre 4,2%) qu’il y a trois mois. Mais l’inflation reste quant à elle moribonde et a conduit l’institution à réduire ses projections de hausse des prix à 1,5% cette année, soit bien loin de l’objectif de 2% affiché par la Fed, et 1,9% l’an prochain. Mais cela n’a semble-t-il pas suffi à refroidir les ardeurs de la Réserve Fédérale. « En se basant sur le discours de Janet Yellen, il y a une décorrélation évidente entre l’incertitude croissante (sur l’inflation, ndlr) et les prévisions de resserrement», juge Thomas Julien, économiste chez Natixis. Alors qu’elle justifiait la faiblesse de l’inflation pour adopter un ton plus « dovish », la présidente de la Fed a cette fois considéré que la baisse récente relevait plus du « mystère », mais était probablement temporaire et non liée à des éléments cycliques.

« Au global, la Fed fait le pari qu’une fois que les éléments temporaires impactant l’inflation s’essouffleront, le dynamisme du marché du travail justifiera des taux plus hauts. D’où la nécessité de les resserrer de façon modérée, afin de ne pas être en retard sur la courbe des taux », analyse Thomas Julien. Si la réduction du bilan est un acte de resserrement, « la stratégie de la Fed est de s’assurer que les taux directeurs sont les principaux outils pour faire modifier la politique monétaire », avance-t-il.

La Fed a revu légèrement ses ambitions lors de la dernière réunion, et ramené sa prévision de taux à long terme à 2,8%, contre 3%. Il reste que son calendrier de hausse des taux est ambitieux et non dénué de risques, notamment dans la mesure où elle doit sortir d’une situation de QE exceptionnelle. « Si elle suit son plan, ce qui projette les taux à 2,8% ou 3% dans les deux prochaines années, soit une hausse de 170 pb, alors une récession est possible », prévient Bill Gross, le gérant de Janus Capital. Il faut faire très attention, car l’économie US est très endettée », signalant que les devises et autres actifs comme l’or risquent de dévisser si la Fed va trop loin ou trop vite dans son process de normalisation monétaire.

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