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Sur les marchés

Actions US: les gagnants de l'année seront-ils ceux de 2015 ?

Le marché américain est de loin celui qui a le mieux performé en 2014, grâce à la dynamique de la croissance et au parcours de secteurs phare comme les utilities et la santé. Certains vont continuer sur leur lancée en 2015, d'autres pas.
graph hausse bonhommes
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Si la plupart des marchés européens terminent l'année sur une performance moribonde, à l'exception de la Suisse et de la Norvège, les Etats-Unis sont sans aucun doute le marché le plus optimiste à l'heure actuelle. Cette dernière séance de l'année a d'ailleurs démarré sur le même ton, avec un Dow Jones en hausse de 0,2% à 18 018 points. Au total, le S&P 500 affiche une hausse de 12,5% en 2014, porté par des conditions macroéconomiques très favorables. La croissance du pays s'accélère et a même atteint 5% en rythme annuel au troisième trimestre, la confiance des consommateurs a gagné 1,6 point en décembre selon l'indicateur du Conference Board publié hier et la chute du pétrole semble globalement favorable à l'économie. Par ailleurs, certains secteurs ont joué le rôle de locomotive.

C'est en premier lieu le cas des utilities, qui ont gagné 25,4% cette année en raison de leur statut de segment réputé sûr. Les utilities peuvent compter sur une régulation publique des prix de l'électricité, contrairement aux autres énergies, et sont donc des valeurs de rendement, aux dividendes généreux. Warren Buffett a lui-même misé sur le secteur depuis de nombreuses années et pourrait y attribuer sa prochaine grosse acquisition, selon ses propres dires.

Deuxième secteur le plus performant: la santé, en hausse de 25,2%. La performance tient aussi bien à des raisons structurelles, comme le vieillissement de la population ou l'adoption de l'Obamacare, que par les résultats et surtout les nombreux deals annoncés par les laboratoires. Allergan en est l'archétype, qui a été courtisé par Valeant pendant plusieurs mois avant de tomber dans les bras d'Actavis pour 66 milliards de dollars, et dont le titre a gagné 88% cette année.

Viennent ensuite les technologies de l'information, qui s'adjugent 17% cette année. Leur porte-drapeau n'est autre qu'Electronic Arts, qui a connu de nombreux déboires avant de nommer un nouveau CEO en 2013 et de remonter la pente, aidé par la sortie de nouvelles consoles Playstation et XBox 360. Son titre a plus que doublé en 2014.

Mais tout n'est pas noir et blanc sur les marchés, et au sein de chaque secteur, les valeurs gagnantes l'ont été au détriment d'autres. La compagnie low-cost Southwest Airlines est la meilleure performance de 2014 (+126%) et bénéficie de la baisse du prix du baril, mais la compagnie régionale Skywest (-13%) ne peut pas en dire autant. Dans le luxe, le fabricant de sacs en cuir Coach a perdu plus de 32% cette année alors que le bijoutier Tiffany grimpe de son côté de plus de 15%. Enfin, la technologie a également été scrutée par les marchés. Apple et Facebook (+40 et +45%) sont toujours les coqueluches des investisseurs, mais le site d'e-commerce Amazon a fini par lasser. Après avoir multiplié par plus de dix ses revenus en dix ans à plus de 80 milliards de dollars, le groupe a raté le lancement de son smartphone Amazon Fire et publié plus de 400 millions de dollars de pertes au premier semestre. Sanction du marché: le titre a perdu 22% cette année.

Les règles seront-elles les mêmes en 2015 ? Pour Bank of America Merrill Lynch, il convient de s'alléger en utilities, qui sont devenues chères et devraient pâtir de la hausse des taux d'intérêt (une hausse anticipée pour 2014, mais qui n'a pourtant pas eu lieu). D'autres sont aussi plus mesurés sur la santé, qui a profité d'un dealflow de M&A particulièrement riche et pourrait croître à deux chiffres en 2015, mais avec plus de volatilité. Du côté de la techno, les spécialistes de marché misent sur une nouvelle surperformance de Facebook et Apple: le premier n'en est encore qu'au début de sa monétisation, tandis que le second attend beaucoup de la commercialisation de sa montre connectée. A condition qu'il soit à nouveau un best seller, comme les autres lancements Apple avant lui. Google, qui a connu une année moribonde (-4,6%) en raison de la désillusion sur ses Google Glasses, pourrait quant à lui reprendre des couleurs grâce à la qualité du management emmené par Larry Page, comme il l'a déjà démontré par le passé.

En tout état de cause, les investisseurs aux US sont particulièrement optimistes au tournant de cette année, sur fond de croissance dynamique, d'amélioration constante du marché du travail et de reprise de la consommation. La divergence des politiques monétaires entre BCE et Fed, avec la probable remontée de taux américains, sera l'occasion d'arbitrages, tout comme la baisse du baril, qui pourrait voir l'émergence d'un nouvel équilibre géopolitique de l'énergie.


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