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Les actifs de Lafarge-Holcim suscitent l’appétit du private equity
Voilà enfin des spin-off d’actifs industriels que le private equity attendait tant, pour organiser des LBO primaires. Pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence à leur projet de fusion géante de 40 milliards d’euros, Lafarge et Holcim vont mettre en vente des actifs situés dans pas moins de 15 pays, et dont la valorisation pourrait atteindre plus de 5 milliards d’euros. Le mois dernier, les rumeurs avaient déjà bruissé d’une possible offre conjointe des fonds américains CVC Capital Partners et KKR. Aujourd’hui, un pool constitué de Blackstone, du britannique Cinven et du fonds de pension du Canada, CPPIB, seraient également sur les rangs, selon le Financial Times.
Cette opération est symbolique de l’appétit des fonds de private equity, dont le « dry powder » de capitaux à engager a dépassé les 1000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Dans l’après-crise, la classe d’actifs attendait beaucoup de la consolidation dans certains secteurs et des recentrages stratégiques, et comptait se positionner sur la vente d’actifs périphériques. Mais ceux-ci n’ont pas été légion hormis quelques exceptions, comme CST Technologies par Schneider Electric ou Vinci Park en France par exemple.
C’est pour cette raison que les fonds sont aujourd’hui prêts aux enchères pour des actifs dans les matériaux de construction, une activité pourtant cyclique qui a provoqué les sueurs froides du private equity pendant la crise. On se souvient ainsi du spécialiste des toitures Monier, un précédent puisque les banques ont pour la première fois repris le contrôle de la société pour réduire la dette, écrasant de la sorte l’investissement réalisé par PAI Partners. Plus récemment, le fabricant de tuiles et briques Terreal, détenu par LBO France, est également passé sous la houlette de ces créanciers.
Du côté des grands groupes cotés, figure également le camouflet subi par Wendel dans le dossier Saint-Gobain : la holding d’investissement familiale était entrée en 2007 dans le fabricant de matériaux de construction, juste avant que le retournement de cycle n’impacte fortement son activité et ne fasse exploser le niveau de sa dette, notamment avec appel de marge. Wendel a été plus chanceux avec Materis, fabricant d’éléments en béton diversifié dont il a dû restructurer plusieurs fois la dette mais qui a rebondi depuis. Même chose pour le fabricant d’éléments en béton Consolis, détenu par LBO France, qui pourrait néanmoins profiter d’un marché de la dette très bullish pour se refinancer à nouveau, à moindres frais.
Concernant les actifs de Lafarge et Holcim, il s’agit certes d’activités internationales et peu exposées au marché de la construction individuelle. Les enchères pour une telle valorisation devraient signer le retour des « club deals », mais il est symptomatique que seuls des noms anglo-saxons, largement américains, soient aujourd'hui capables de s’aligner.
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