WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Macro-économie

Combien de temps le pétrole va-t-il rester aussi bas ?

Le baril, qui a perdu plus de 40% depuis six mois, pourrait rester bas pendant les deux prochaines années, selon Patrick Artus de Natixis. Il faudra attendre 2017 pour constater une réelle remontée des prix.
Pétrole - forage en Seine et Marne
Pétrole - forage en Seine et Marne

Le contre-choc pétrolier est l’un des événements de cette année que les prévisionnistes avaient le moins bien anticipé. En l’espace de six mois, le baril s’est effondré de plus de 40%, passant de 114 dollars en juin dernier, à 60 dollars tout juste aujourd’hui. Afin de ne pas se laisser surprendre une seconde fois et tenter de prévoir comment l’or noir pourrait évoluer les prochains mois, les analystes de Natixis ont scruté les précédents historiques pour évaluer à quelle échéance le baril pourrait remonter et éviter une nouvelle surprise en 2015.

Selon Patrick Artus, deux périodes dans l’histoire récente ont connu pareils chamboulements sur le marché du pétrole. Entre 1985 et 1986 et en 2009. Dans le premier cas, la période de prix bas a duré 4 ans après 1985 alors qu’elle a duré seulement deux ans après la crise Lehman. Par ailleurs, la demande a considérablement baissé à partir de 1980 et l’investissement en exploration-production de pétrole a chuté et est resté faible 10 ans. « Les cycles de prix du pétrole bas et de faible investissement ont donc été longs dans le passé », commente Patrick Artus. Autre élément qu’il est important de regarder pour essayer de comprendre si le baril devrait rester aux niveaux actuels l’an prochain : l’évolution future de la consommation mondiale de pétrole. Celle-ci dépend à la fois du niveau d’activité dans le monde, du poids de l’industrie dans l’activité mondiale et du prix relatif du pétrole. Or de 2008 à aujourd’hui, la demande de pétrole mondiale a cru beaucoup moins vite que le PIB mondial et l’écart s’est sensiblement accentué depuis 2008 tandis que le PIB a cru de façon quasiment équivalente à la production manufacturière, sauf depuis 2009 où celle-ci a connu un petit décrochage.

Troisième facteur à prendre en compte pour connaître la capacité mondiale de production de pétrole : l’investissement en exploration-production et l’efficacité de l’exploration. Or cette dernière a été très faible en 2012 et 2013, puisque les volumes découverts en 2012 ont été de 7,5 milliards et 7,7 milliards de barils en 2012 et 2013, contre 18,5 milliards en 2010 et 12,6 milliards en 2011. Enfin, le comportement de l’OPEP sera naturellement déterminant pour envisager l’évolution du pétrole : selon Natixis, si l’Arabie Saoudite souhaite décourager l’investissement dans les pétroles chers à produire, il faut qu’elle maintienne le prix du baril bas durablement puisqu’une baisse transitoire ne découragerait pas les Etats-Unis d’investir. « Compte tenu du délai entre l’investissement et la production (4-6 années), un recul de l’investissement à partir de 2015 réduirait la capacité de production à partir de 2019-2020.

Compte tenu de la faiblesse de la croissance mondiale, du ralentissement des investissements ces deux dernières années et du niveau actuel du baril, la demande ne devrait pas dépasser 1% l’an prochain et 1,3% en 2016 avant de se stabiliser à 1,4% les deux années précédentes, estime Patrick Artus. Les capacités de production elles, devraient croître de 0,9% en 2015 et 0,8% à partir de 2016. L’écart entre capacité de production et demande devrait donc se réduire progressivement à partir de 2017 et il faudra sans doute attendre cette date pour voir une réelle remontée des prix, conclut l’économiste.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article