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Combien de temps Theresa May peut-elle encore durer ?
Un faux pas de plus au sein du gouvernement May, qui pourrait bien être celui de trop. Le chancelier de l'échiquier Philip Hammond a en effet déclaré hier soir lors du forum de Davos qu'il espérait que le Brexit n'entraînerait que des changements modestes pour son pays et qu'il souhaitait négocier avec ses homologues européens un accord le plus proche possible de ce qu'offre aujourd'hui l'appartenance au marché unique. Le chancelier s'est par ailleurs fendu d'une petite plaisanterie sur l'échec politique de Theresa May aux élections anticipées de juin dernier. Trait d'esprit qui a souligné une fois de plus la fragilité de la Première Dame britannique.
La Première ministre -également présente au Forum économique mondial, où elle en a profité pour rencontrer le Président américain et annoncer un renforcement des relations transatlantiques une fois la Grande-Bretagne sortie- n'a pas immédiatement réagi aux propos de son ministre. Mais devant la fronde grandissante des parlementaires conservateurs europhobes, elle a finalement été contrainte de s'exprimer par la voix d'un représentant de Downing Street. "La Grande-Bretagne quittera le marché unique et l'union douanière et cela ne peut être décrit comme des 'changements modestes'" a affirmé un des membres de Downing Street, sous couvert n'anonymat en raison de la sensibilité du sujet. Le ministre de la santé Jeremy Hunt a de son côté défendu ouvertement la Première ministre, expliquant que les propos du chancelière avaient été mal interprétés. Ceux qui estiment que la Première ministre est trop timide ont totalement faux", a-t-il par ailleurs ajouté. Un soutien bien maigre face à la fronde grandissante au sein du parti de Theresa May.La Première ministre n'est en effet plus soutenue ni par la branche europhile des députés Tories, qui lui ont imposé en décembre dernier une sévère défaite, en exigeant que l'accord final sur le Brexit soit soumis à l'approbation de Westminster. Ni par les conservateurs eurosceptiques. Jacob Rees-Mogg, le nouveau président de l'European Research Group (ERG), composé d'une soixantaine de conservateurs tenants d'un "Hard Brexit", a ainsi critiqué hier l'approche du gouvernement dans les négociations avec l'UE. Dans une interview au Telegraph, le député a ainsi menacé de retirer le soutien de l'ERG à Theresa May, si celle-ci tentait de négocier une forme d'union douanière avec l'UE. "Les négociations avec Bruxelles ne doivent pas uniquement consister à éviter les dommages. Les anglais n'ont pas voté pour cela. Ils n'ont pas voté pour que le gouvernement gère au mieux notre déclin. Ils ont voté pour que le Brexit constitue une opportunité, et les ministres doivent maintenant produire des résultats sur ce sujet".
Le nombre de conservateurs souhaitant voter une motion de défiance vis-à-vis de Theresa May se rapproche dangereusement des 48 voix nécessaires pour que le ballot ait lieu et de plus en plus de députés estiment que la Première Ministre ne terminera pas son mandat. "L'agonie des conservateurs au grand jour", titre ce matin la journaliste politique de la BBC Laura Kuenssberg. Qui cite un membre du parti selon lequel le Brexit a été tellement mal géré depuis le début, qu'il est en train de mettre à sac les conservateurs. "Il n'est dans l'intérêt de personne qu'elle continue à diriger le parti", a-t-il affirmé à la BBC. Un autre MP, toujours cité par la radio britannique a affirmé qu'il n'avait jamais connu autant de frustration parmi ses collègues : "personne ne pense que cela peut continuer de la sorte et quelque chose doit changer. Sans doute Theresa May. La question est quand. La réponse est, bientôt on l'espère" !
Seule consolation pour la Première ministre britannique, l'économie de son pays continue de tourner, malgré le chaos politique. La Grande-Bretagne a ainsi affiché une croissance de 0,5% sur le dernier trimestre 2017, soit un niveau supérieur aux attentes des analystes, soutenu notamment par les bonnes performances du secteur manufacturier et les services, qui ont même connu leur plus forte progression depuis la fin 2016 (+0,6%). Mais, estime James Smith, économiste chez ING, cette bonne surprise de fin d'année ne devrait pas se reproduire en 2018. "Il y a très peu d'éléments permettant de prédire une accélération de la croissance de notre pays cette année. Les perpectives de dépenses des consommateurs sont mauvaises, dans un contexte de forte inflation. La confiance des consommateurs est au plus bas depuis 2013. Et même si un semblant d'accord est trouvé sur la période de transition post-Brexit, l'incertitude est encore beaucoup trop grande pour encourager les entreprises à investir".
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