WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Macro-économie

Les US, havre de consommation et de profit… jusqu'à quand?

Le PIB américain a été revu à la hausse au troisième trimestre, à 3,2% en rythme annuel grâce à la dynamique de la consommation, et les profits trimestriels des entreprises ont connu leur plus forte hausse depuis fin 2012. Les marchés misent sur l'accélération de la croissance en 2017, à tort ou à raison.
New York - Wall Street - statue de la liberté - banques - USA - Etats-Unis
New York - Wall Street - statue de la liberté - banques - USA - Etats-Unis

Pendant que son futur président multiplie les tweets enflammés pour déclarer qu’il aurait gagné le vote populaire sans les millions de votes frauduleux, puis attaque les journalistes qui remettent en cause ces affirmations infondées, le pays affiche sa santé économique. Pour sa deuxième estimation, le PIB américain du troisième trimestre a été revu à la hausse de 0,3 point, à 3,2% en rythme annuel, selon le Département du Travail. La véritable locomotive de la croissance américaine vient de la consommation, qui a progressé de 2,8% au troisième trimestre contre 2,1% lors de la première estimation, même si l’on est encore loin du record de 4,3% enregistré lors du précédent trimestre.

Les nouvelles sont également bonnes du côté des profits après impôts des entreprises : ils ont bondi de 5,2% au troisième trimestre sur un an, soit la première hausse annuelle depuis fin 2014 et surtout la plus forte progression depuis fin 2012. Les profits des entreprises ont représenté 9,1% du PIB sur cette période, soit une nette avancée par rapport au point bas de 7,8% fin 2015, mais pas encore au niveau de 10,8% début 2012.

C’est une performance à saluer, dans la mesure où les résultats nets des entreprises ont été mis à rude épreuve ces derniers trimestres, en raison de la faiblesse de la croissance mondiale, de la hausse du dollar qui renchérit le prix des biens américains à l’export, mais aussi de l’effondrement du prix des commodities, qui ont impacté les secteurs énergétiques et agricoles. Selon Thomson Reuters pourtant, les sociétés du S&P 500 ont réussi à tirer leur épingle du jeu au troisième trimestre : leur résultat net a progressé en moyenne de 4,2%, et même de 7,9% si l’on exclut le secteur très sinistré de l’énergie. L’immobilier, la santé et les financières ont en particulier publié les hausses de revenus les plus fortes, et devraient continuer à être soutenues par l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Le promoteur immobilier, qui va gouverner avec un Congrès républicain, devrait probablement chercher à atténuer la régulation sur les prix des médicaments ou sur les banques.

Si elles ont réussi à dégager de meilleurs profits, les entreprises ne sont pas très enclines à les investir à l’heure actuelle : l’investissement non résidentiel fixe a augmenté de seulement 0,1% au troisième trimestre, contre 1,2% lors de la première estimation. En particulier, les investissements en R&D et propriété intellectuelle (+1%), mais surtout dans les équipements (-4,8%) sont les maillons faibles de l’économie au Q3, ce qui dénote l’incapacité des entreprises à miser sur le long terme. De quoi apporter de l’eau au moulin de Larry Fink, le CEO de BlackRock, et tous ceux qui fustigent la tendance des sociétés cotées à utiliser leurs profits pour lancer de massifs rachats d’actions ou des dividendes exceptionnels.

Pour l’instant, les marchés restent optimistes sur la croissance américaine, qui devrait selon eux bénéficier de la politique de relance de Donald Trump. L’OCDE vient de relever sa prévision de croissance US à 3% en 2018, soit le rythme le plus élevé depuis 2005, tandis que le futur président s’est quant à lui engagé à la porter à 4%. L'indice de confiance des consommateurs publié mardi démontre que l'euphorie post-élection n'est pas feinte: il a réservé la surprise en bondissant à 107,1 contre 100,8 en octobre, un plus haut depuis juin 2007! Certains spécialistes de marché jugent néanmoins que le marché est un peu trop euphorique depuis l'élection présidentielle, et que tel un Berlusconi en Italie, le milliardaire ne mettra qu’une très faible partie de son programme à exécution. Une seule chose est sure : Donald Trump n’hésitera pas à attaquer sur Twitter quiconque remettrait en cause cette promesse électorale.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article