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Les Allemands ont déjà élu Macron
Emmanuel Macron a la cote outre-Rhin. Selon un récent sondage de l'institut Civey et publié par le site du Zeit, 73% des Allemands voteraient pour le candidat d'En Marche!, s'ils devaient élire un nouveau Président. Et la chancelière, qui était restée discrète pendant la campagne, a fini par avouer mercredi que sa victoire serait un "signal positif pour le centre", centre qu'elle compte justement maintenir "fort également en Allemagne".
L'eurodéputé allemand Sven Giegold a bien compris que l'arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence de la République représentait une opportunité pour faire évoluer l'Europe et l'image de l'Allemagne auprès des citoyens de l'UE. Dans un appel signé par une trentaine d'universitaires dont le gouverneur de la BCE Jorg Asmussen, et adressé au Bundestag, Sven Giegold souligne ainsi que "45% des Français ont voté contre l'Europe" et qu'une partie d'entre eux a voté contre "l'hégémonie allemande en Europe". Selon lui, le malaise sur l'Europe est lié à la politique allemande, qui n'utilise pas ses excédents budgétaires pour réinvestir en Europe. Ceux-ci contribuent au contraire à créer des déséquilibres entre pays et à augmenter l'endettement de certains Etats vis-à-vis de l'Allemagne.
"Si nous ne réussissons pas à réformer l'Europe avec un Président Macron, nous aurons déjoué les chances de l'Europe", alertent les signataires de l'appel. Le candidat d'En Marche! a fait "des propositions concrètes pour une UE plus démocratique, solidaire, durable et présenté des pistes d'avenir pour sortir de la crise de l'euro", rappellent-ils. L'occasion pour les députés allemands de rebondir et de travailler ensemble sur ces propositions pour "changer l'Europe". Les économistes et personnalités allemandes signataires proposent de leur côté trois axes principaux pour refonder l'UE : une alliance des Parlements pour démocratiser la zone euro tout d'abord. Selon eux, les parlementaires nationaux ne débattent pas en commun avec leurs partenaires européens et les vraies bonnes solutions européennes sont donc plus difficiles à identifier: "L'influence des députés nationaux dans la politique européenne n'est pas assez importante". Les universitaires proposent donc une "alliance des parlements", qui permette de mieux impliquer les députés, notamment en leur permettant de débattre et voter avant chaque décision importante sur des crédits ou des mémorandums.
Ensuite, les signataires proposent un budget commun pour la zone euro, idée portée par Emmanuel Macron et Benoit Hamon, soulignent-ils. Ce budget servirait notamment à "investir dans des innovations communes, à soutenir les pays en situation critique et à combattre les crises économiques". Les universitaires relèvent également l'idée d'Emmanuel Macron de mettre en place un taux minimum commun pour l'impôt sur les bénéfices des sociétés. "Ce serait un grand pas dans la lutte contre le dumping fiscal en Europe", estiment-ils.
Enfin, l'appel lancé au Bundestag se termine par un volet social : les 29 signataires estiment ainsi que l'Europe doit garantir un minimum de droits sociaux, avec des standards communs pour l'accès à l'éducation, à l'assurance maladie, chômage et un salaire minimum en relation avec le niveau de vie.
"Si les Français se décident pour l'Europe et contre l'isolement (...)", concluent les signataires, l'Allemagne devra "aller dans le sens d'une politique européenne plus courageuse et qui ne s'attire pas la colère des autres (...), mais prenne en compte les idées de réformes émergeant de la France et devienne ensemble avec la France un précurseur et pionnier d'un tournant positif pour l'Europe".
Si Macron est donc élu dimanche soir, et que les députés allemands entendent cet appel qui leur est adressé, les relations franco-allemandes devraient encore s'intensifier, mais avec cette fois la volonté de réformer l'Union, afin de mettre fin aux populismes.
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