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La guerre commerciale de Trump impacte aussi le marché pétrolier
De quelle façon la guerre commerciale initiée par les Etats-Unis pourrait-elle bien influencer le marché du pétrole ? De plus en plus d'analystes citent en effet les tensions commerciales entre les Etats-Unis et le reste du monde comme facteur d'explication de la chute rapide du Brent et du WTI depuis quelques semaines. Le premier s'échangeait ainsi autour de 73 dollars le baril ce matin, contre un plus haut de près de 80 dollars le 23 mai dernier, soit une baisse de 9% en moins d'un mois, tandis que le WTI suivait le même chemin, et se traitait ce matin à 64 dollars, contre 72 dollars à la fin mai. La réponse est macroéconomique et globale. "La guerre commerciale risque d'impacter les perspectives mondiales de croissance", explique ainsi Harry Tchilnguirian, chef de la recherche sur les matières premières chez BNP Paribas à Londres. Ce qui pourrait donc influencer la demande mondiale de pétrole à la baisse, d'autant que la Chine, est l'un des principaux pays importateurs.
Or l'escalade des tensions commerciales entre le pays communiste et les Etats-Unis est grimpée d'un cran ce week-end, après que le Président américain a annoncé vendredi que des droits de douane de 25% allaient être appliqués sur 50 milliards de dollars d'importation en provenance de Chine. Le géant asiatique n'a pas tardé à répliquer en publiant à son tour une liste de produits américains, représentant environ 34 milliards de dollars, dont les tarifs douaniers seront augmentés de 25% à partir du 6 juillet prochain. Si le pétrole américain figure dans la liste des produits concernés, il est peu probable que la Chine mette en application cette hausse des droits de douane sur l'or noir venu des Etats-Unis. Celui-ci représente en effet pour elle une façon stratégique de diversifier ses besoins en pétrole dans un contexte de baisse de la production des pays de l'OPEP. Sauf si l'OPEP augmente sa production justement. Ce qui pourrait bien être le cas, vu les récentes déclarations de l'Arabie saoudite et de la Russie.
La perspective que les pays producteurs abaissent le plafond de leur production lors du sommet de Vienne cette semaine a d'ailleurs également contribué à faire chuter les prix depuis quelques jours. "Le niveau des inventaires se rapproche de leur moyenne à 5 ans, qui est la cible que visaient les producteurs de pétrole lorsqu'ils ont établi leur plafond", explique encore Harry Tchilinguirian. Du coup, l'Arabie saoudite et la Russie estiment qu'il serait opportun d'accroître la production, alors que plusieurs gros pays consommateurs dont l'Inde et les Etats-Unis ont par ailleurs affiché leur inquiétude quant aux niveaux élevés des prix. Sachant que l'OPEP a finalement davantage réduit sa production qu'annoncé, de 1,9 million de baril par jour au lieu des 1,5 million, et possède donc des marges de manoeuvre pour abonder davantage le marché. Les discussions sur le sujet lors des deux jours de séminaire qui précéderont le sommet ce vendredi risquent toutefois d'être mouvementées entre les pays producteurs. L'Iran et le Venezuela ont en effet annoncé qu'ils s'opposeraient à une hausse de la production, eux dont les exportations risquent d'être plus impactées que les autres pays par l'embargo américain (pour l'Iran) et la guerre commerciale (pour le Venezuela). Le Venezuela plongé dans une grave crise économique et financière, n'a de toutes les façons pas les moyens d'augmenter ses niveaux de production.
Si l'OPEP parvient toutefois à se mettre d'accord ce vendredi, sur un niveau de production qui satisfasse tous les pays, la stratégie de contrôle des prix reste la même et le marché devrait donc être peu impacté à moyen terme : "Nous estimons que la production devrait progresser entre 500.000 et un million de baril par jour et de façon échelonnée dans le temps", termine Harry Tchilinguirian. Selon lui donc, à très court terme, si les pays trouvent un compromis, le prix du pétrole baissera, mais il devrait ensuite retourner aux niveaux actuels, autour de 73 dollars pour le Brent et 65 pour le WTI, d'ici à la fin de l'année. Un ralentissement de la croissance causé par l'enlisement du conflit commercial américain aurait en revanche un impact plus durable et de plus long terme sur les prix de l'or noir. Et le président américain qui a déjà plusieurs fois tweeté pour critiquer la hausse des cours, verrait donc avec satisfaction le prix de l'essence baisser.
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