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Retrait américain de l'accord iranien : jusqu'ou le Brent peut-il grimper ?

Le baril de Brent a atteint un plus haut depuis 2014, après que le président Trump a annoncé qu'il se retirait unilatéralement de l'accord sur le nucléaire iranien. Le pays représente le troisième producteur de brut de l'OPEP et le retour des sanctions devrait donc peser sur l'offre mondiale.
Pétrole Iranien Iran
Pétrole Iranien Iran

Le président américain a donc tenu sa promesse de campagne, en annonçant hier, quatre jours avant la date prévue, que son pays se retirait de l'accord sur le nucléaire iranien. Cet accord conclu en juillet 2015 entre l'Iran et les principales puissances économiques mondiales (UE, Russie, Etats-Unis et Chine) avait permis de mettre fin à 12 ans de sanctions visant essentiellement le secteur financier et celui de l'énergie iraniens, en échange de l'arrêt du programme nucléaire du pays. Donald Trump estimant que l'Iran ne respectait pas son engagement a donc décidé de sortir unilatéralement de l'accord, faisant grimper le pétrole au plus haut depuis 2014. Le Brent se traitait ainsi ce matin autour de 77 dollars le baril, contre 62 dollars début février.

La décision de Trump n'est pas vraiment une surprise et les marchés avaient d'ailleurs commencé à l'intégrer dans les prix à partir de fin février, au moment de la nomination de John Bolton, connu pour ses vues tranchées à l'égard de l'Iran, comme conseiller à la sécurité intérieure américaine . Cet ancien ambassadeur aux Nations unies, qui fut un fervent défenseur de la guerre en Irak, avait effectivement publié une tribune acerbe contre l'Iran le 28 août dernier dans The National Review, qui n'était à l'époque pas passée inaperçue auprès des investisseurs et acteurs du marché pétrolier : "Trump devrait libérer les Etats-Unis de cet accord exécrable le plus vite possible", avait alors écrit John Bolton. L'arrivée de ce néoconservateur à l'un des postes les plus stratégiques de l'administration Trump fin février, avait donc commencé à inquiéter les investisseurs en or noir, et contribué à faire monter les prix. La sortie de l'accord est donc désormais actée et pourrait faire grimper le baril de Brent jusque 80 dollars, selon Harry Tchilinguirian, analyste chez BNP Paribas, même si les conséquences du retrait sont encore difficiles à envisager.

Assez logiquement, le rétablissement des sanctions américaines devrait peser sur les prix en diminuant l'offre mondiale de pétrole, l'Iran représentant le 3ème plus gros producteur de l'OPEP et le 4ème pays en termes de réserves mondiales, derrière le Venezuela, l'Arabie Saoudite et le Canada. Sachant que le pays venait tout juste de retrouver son niveau de production atteint avant les sanctions, en 2003, autour de 3,8 millions de barils par jour.

Mais le jeu des alliances géopolitiques pourrait aussi peser dans la balance et permettre d'atténuer la hausse des prix sur le marché pétrolier, comme les déclarations de l'Arabie Saoudite ce matin l'ont souligné. Le Royaume a ainsi déclaré qu'il aiderait les Etats-Unis à stabiliser les prix du pétrole et qu'il s'engagerait avec "d'autre producteurs à limiter l'impact de tout potentiel risque de pénurie sur les marchés". L'Arabie Saoudite, rival historique de l'Iran dans la région, pourrait donc décider d'accroître sa production, et ainsi limiter une flambée de l'or noir. Flambée qui entraînerait une forte hausse des prix de l'essence et serait très impopulaire pour le président américain. Les Emirats arabes unis avaient également affirmé, avant que Trump ne prenne sa décision, qu'ils seraient prêts à augmenter leur production, afin d'éviter un déséquilibre soudain sur le marché. Le jeu des alliances a donc déjà commencé et les différentes déclarations des protagonistes ces prochaines semaines (côté européen et coté producteurs) devraient sensiblement influencer les cours du pétrole, entraînant une forte volatilité des prix. 

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