Private Equity / Private equity
Private Equity
Private equity
Privatisations : les aéroports de Marseille et Bordeaux en première ligne
La cession du bloc de titres dans Engie traduit bien la politique qu’entend mener le gouvernement vis-à-vis de son portefeuille d’actions cotées. Il ne faut toutefois pas oublier que l’Etat est également à la tête de très nombreuses participations non cotées susceptibles d’apporter aussi de l’eau à son moulin. Outre ses parts dans la Française des Jeux, la manne publique est notamment à la tête de plusieurs ports, de la Poste sans parler de ses parts dans les sociétés exploitantes d’un grand nombre d’aéroports (Bordeaux, Marseille, Montpellier, Strasbourg, Bâle/Mulhouse, La Martinique et La Réunion). Autant d’actifs qui devraient susciter un très vif intérêt de la part des spécialistes des investissements dans les infrastructures.
Les dernières cessions réalisées en 2015 et 2016 l’ont démontré : l’Etat s’est fait une religion sur la cession de ce type d’actifs et n’hésite pas à céder au plus offrant. C’est ce qui s’est passé avec l’aéroport de Toulouse emporté par un acteur chinois pour la somme de 308 millions d’euros. Cela s’est répété, mais de façon plus encadrée, avec les aéroports de Nice et Lyon l’an passé où le consortium Azzurra (composé des groupes Atlantia, EDF Invest et Aéroport de Rome) ont fait une offre de 1,22 milliard d'euros pour Nice-Côte d'Azur, le troisième aéroport français en termes de fréquentation quand le consortium Vinci-CDC-Predica (Crédit Agricole) avait déposé une offre de 535 millions d'euros pour Lyon-Saint-Exupéry, le quatrième aéroport national.
Il semble maintenant que les prochains sur la liste soient les aéroports de Marseille et Bordeaux. Et là encore, l’Etat en attend beaucoup ne serait-ce qu’en raison de la surenchère de ces derniers mois pour les actifs non cotés et l’afflux de liquidités entre les mains des principaux protagonistes du secteur. A tel point même que nombre d’entre eux ont décidé de ne pas regarder le dossier au regard des montants qui devraient être mis sur la table. Après les vives critiques suscitées par les trois premières cessions, il semble que les pouvoirs publics aient réussi à faire entendre raison aux élus locaux sur la portée de ces transactions. L’Etat ne cède, en effet, que ses parts dans les sociétés exploitantes et reste propriétaire et surtout l’autorité concédante des infrastructures. De ce fait, les tarifs des redevances aéroportuaires restent régulés par les pouvoirs publics.
Marseille devrait être le morceau de choix, compte tenu du trafic généré par cette destination. Cette opération sera intimement liée avec la très probable privatisation d’ADP, sachant que les candidats à ces opérations ne pourront pas tout truster. On pense ici surtout à Vinci et Predica, très présents sur les précédents deals, le groupe de BTP et concessions étant déjà au capital d’ADP à hauteur de 8% tandis que la filiale de Crédit Agricole en possède 5%.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

