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Politique économique
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Sapin aborde les sujets qui fâchent

Le ministre des Finances et des Comptes publics a tenté de rassurer ce matin sur la nouvelle configuration de Bercy et notamment sa cohabitation avec Montebourg. Et répété que la France tiendrait son objectif de déficit, mais que le rythme de réduction pourrait être discuté avec Bruxelles...
Michel Sapin
Michel Sapin

« Dans quelques jours, vous aurez le sentiment de la cohérence, de la cohésion (...), nous partagerons toutes les décisions et parlerons d'une seule voix » a assuré ce matin Michel Sapin lors de la passation de pouvoirs à Bercy. Car la nouvelle composition de Bercy, avec Michel Sapin comme ministre des Finances et des Comptes publics aux côtés d’Arnaud Montebourg, nouveau ministre de l’Economie, du Redressement Productif et du Numérique, a suscité de nombreuses interrogations sur la répartition des rôles entre les deux hommes, aux visions et tempéraments si différents. Le nouveau ministre a tenté de rassurer les plus inquiets en s’appuyant sur l’exemple de l’Allemagne, qui possède la même répartition des tâches et est le pays d’Europe le mieux géré ! « Comment Bercy peut-il avoir deux têtes se demande t-on? (…) Ne vous posez plus la question, seule l’efficacité comptera » a-t-il poursuivi.

Si Arnaud Montebourg a longtemps remercié les personnes de son équipe et donné quelques exemples de sa politique de redressement productif des deux dernières années, c’est bien Michel Sapin qui a abordé les principales questions qui fâchent ce matin. Ce qui laisse présager de la façon dont fonctionnera le nouveau Bercy : le ministre des Finances sera celui qui ira présenter auprès de Bruxelles la nouvelle trajectoire de déficit de la France le 15 avril prochain. Trajectoire qu’il s’est d’ailleurs engagée à respecter, « non pas pour rentrer dans les clous imposés par Bruxelles mais parce qu’il est dans l’intérêt profond de la France d’avoir une économie solide afin d’être respectée par ses partenaires ». Même si le ministre a ensuite déclaré lors d'une interview sur France Inter que "le rythme de réduction du déficit serait discuté" avec Bruxelles, afin "de trouver le chemin de l'intérêt commun"... A Michel Sapin aussi incombera la tâche de trouver les 50 milliards d’euros d’économies promis, et de poursuivre les travaux engagés par son prédécesseur sur le pacte de responsabilité. Le ministre s’est en revanche bien gardé de mentionner les réductions d’impôts pour les contribuables que François Hollande a sorties de son chapeau, au lendemain des législatives.

Pierre Moscovici a quant à lui déjà commencé sa campagne pour le poste de commissaire européen. Et profité de son discours de départ pour vanter son expérience et son expertise dans le domaine européen. « J’ai foi en l’Europe », a-t-il déclaré. « C'est à cela que j’aspire me consacrer pleinement », ajoutant qu’il souhaitait être un acteur de la vie publique et politique « autrement » et se préparer à des responsabilités différentes, « au service de la France et de l’Europe ». «Je sais que l’Europe agace et déçoit», a-t-il conclu en clin d’œil à Arnaud Montebourg, « mais personne ne doit la voir comme un carcan et une contrainte extérieure. Elle est notre futur, l’espace dans lequel nous nous déployons. (…) Il faut faire que l’Europe aime la France et que la France aime l’Europe ». Une façon à la fois d’annoncer la suite de sa carrière et d’inciter ses successeurs à éviter tout discours trop europhobe.

Une inconnue demeure, la répartition du portefeuille du Commerce extérieur. La cérémonie de passation de pouvoir du ministère du Commerce extérieur, qui devait avoir lieu ce matin, a été reportée « sine die ». Ce secrétariat d’Etat, qui devrait être confié à Fleur Pellerin, est donc toujours en suspens entre Bercy et les Affaires étrangères au Quai d’Orsay. Laurent Fabius, qui a fait de la « diplomatie économique » sa priorité, souhaite bien récupérer ce portefeuille traditionnellement dans l’escarcelle de Bercy.

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