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Une nouvelle vague de liquidité bon marché pour les banques dès juin
Les banques vont de nouveau pouvoir emprunter très bon marché auprès de la BCE, dans le cadre des Targeted Long term Refinancing Operations II (TLTRO), cette deuxième vague d'opérations de prêts ciblés annoncée en mars dernier par Mario Draghi et qui débutera en juin prochain.
Les économistes de l'institution ont donc tenu à détailler les modalités de ces prêts dans leur bulletin du mois de mai. Du point de vue du calendrier tout d'abord, les TLTRO II seront réalisées une fois par trimestre entre juin prochain et mars 2017, et donneront donc l'occasion à quatre reprises pour les banques qui le souhaitent, de se rendre au guichet de Francfort. Celles-ci pourront emprunter un montant total pouvant atteindre 30% d'une part éligible spécifique de leurs encours de prêts (comprenant les prêts aux entreprises non financières et aux ménages, à l'exclusion des prêts au logements) au 31 janvier 2016, minoré des montants déjà obtenus lors des deux premières TLTRO de 2014 et non encore remboursés (environ 212 milliards d'euros).
Cette nouvelle facilité de prêts ciblés pourra s'élever au maximum à 1600 milliards d'euros pour l'ensemble des banques. Mais les précédentes opérations ont souligné que toutes les banques ayant des prêts éligibles n'utilisent pas nécessairement les facilités de la BCE, sachant qu'une partie d'entre elles ne remboursera pas immédiatement ni intégralement les montants empruntés en 2014. La facilité ne devrait donc a priori pas atteindre les 1600 milliards, préviennent les économistes.Toutes les opérations TLTRO II auront une durée de quatre ans et pourront être remboursées de façon anticipée et volontairement au bout de deux années.
Selon la BCE, les premières opérations de refinancement à long terme ciblées ont déjà prouvé qu'elles favorisaient la transmission de la baisse des taux directeurs aux conditions d'emprunt du secteur privé non financier. "Les taux appliqués aux sociétés non financières et aux ménages de la zone euro ont sensiblement diminué après l'annonce de ce programme, et les réductions des coûts de financement des banques qu'il entraînait ont été de plus en plus répercutées aux emprunteurs des banques", expliquent ainsi les économistes. Qui préviennent également que le montant emprunté ne sera pas l'unique critère pour juger du succès de cette seconde opération. "La simple disponibilité de financement à long terme à de faibles taux pour les banques devrait assouplir les conditions de financement des banques en général".
Principal outil pour inciter les banques à prêter, la fixation des taux qui seront fonction de la structure de prêts des banques. Ainsi, celles dont le montant net de prêts accordés entre le 1er février 2016 et le 31 janvier 2018 dépassera une certaine valeur de référence bénéficieront d'un taux faible pour toute la durée de l'opération. En somme, plus les banques auront une activité de prêts importante, moins elles emprunteront cher à la BCE. C'est là toute la différence avec les premières opérations de refinancement lancées en décembre 2011 et février 2012, qui n'étaient pas fonction du niveau de prêts des banques. L'efficacité de cette nouvelle vague d'argent bon marché s'évaluera au cours du deuxième semestre 2016 et en 2017, en fonction de l'évolution du marché du crédit en zone euro, qui a déjà entamé un lent redémarrage depuis un an.
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