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Draghi va-t-il parvenir à faire baisser l'euro ?

Les gouverneurs de la BCE se retrouvent ce jeudi pour la conférence de politique monétaire. La prudence du président devrait permettre à l'euro de lâcher du lest contre le dollar. Sauf s'il surprend les marchés en étant plus bullish que prévu.
euros - dollars
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L'euro va-t-il poursuivre sa remontée contre le dollar ? La monnaie unique a pris plus de 14% depuis un an et se traitait aujourd'hui autour de 1,2230, contre 1,05 il y a un an, malgré une divergence de politique monétaire qui aurait plutôt dû faire grimper le dollar. "Il y a un an, l'euro était clairement sous évalué, en raison d'un contexte politique assez tendu en Europe, avec la crainte d'une montée du populisme et pour ces raisons d'une explosion de l'euro. L'appréciation de la monnaie unique depuis lors résulte donc davantage d'un phénomène de rattrapage", explique ainsi Pierre-Antoine Dusoulier, CEO et fondateur d'iBanFirst, qui estime que la publication de très bonnes statistiques  a également contribué à rassurer les investisseurs. 

La réunion des gouverneurs de la BCE jeudi pourrait cependant contribuer à inverser la tendance sur l'euro/dollar, estiment les analystes, qui avancent que si le seuil technique des 1,20 était franchi à la baisse, la monnaie unique pourrait ensuite dégringoler rapidement. "Les banquiers centraux cette semaine devraient souligner les premières marques de ralentissement de l'économie européenne et l'absence de tout signe avant coureur de remontée de l'inflation", explique ainsi Caren Brzeski, chef économiste chez ING. Ce qui selon lui devrait plutôt inciter la BCE à étendre les rachats de titres jusque décembre 2018 au moins, alors que Mario Draghi avait initialement annoncé qu'ils finiraient en septembre. Un tel assouplissement de la sortie de QE aurait naturellement un impact baissier sur l'euro/dollar.

Il reste que Mario Draghi ne devrait pas annoncer grand chose de nouveau ce jeudi par rapport à la dernière réunion afin de de garder quelque marge de manoeuvre d'ici juin. Même si aucune annonce n'est faite, le simple fait qu'il se montre prudent dans ses propos pourrait inciter l'euro à lâcher du leste, estiment les analystes. La divergence de politique monétaire entre la Fed, qui s'apprête à accélérer le resserrement de ses taux, et la BCE dont la première hausse n'est pas prévue avant mi-2019, devrait donc finir par impacter le taux de change, contrairement à ce qui a eu lieu l'an dernier. "Le différentiel de taux est la vraie raison qui pourrait faire remonter le dollar", poursuit le CEO d'iBanFirst.

Dernier élément qui devrait pousser l'euro à la baisse dans les prochains mois (à moins que Draghi ne surprenne les marchés jeudi en étant plus "bullish" que prévu) : des mouvements de carry trade qui pourraient s'intensifier. "Actuellement une personne qui échange ses euros et les place sur un compte en dollar perçoit environ 2% d'intérêts", explique ainsi Pierre-Antoine Dusoulier, qui estime que le carry trade pourrait prendre de l'ampleur, d'autant selon lui qu'un plus grand consensus s'est établi concernant la capacité de Donald Trump à redynamiser l'économie américaine.

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