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Opération structurante aux Etats-Unis pour Michelin

L'équipementier français a choisi la formule de la coentreprise avec le japonais Sumitomo pour accroître son poids aux Etats-Unis. Process efficace pour éviter les contraintes des organes anti-trust et les bâtons dans les roues des gouvernements. Jean-Dominique Senard vient, en parallèle, de se voir confier une mission sur l'entreprise -avec Nicole Notat -de la part de Muriel Pénicaud.
Jean-Dominique Senard - Michelin
Jean-Dominique Senard - Michelin

Boeing et Embraer sont eux aussi en train de le vivre : la création de co-entreprises fait de plus en plus d’émules à l’heure où les organes anti-trust se montrent intraitables tout comme les gouvernements quand il s’agit du destin de certains de leurs fleurons. C’est dans cet esprit que Michelin et le japonais Sumitomo viennent de concrétiser un projet de JV très structurante aux Etats-Unis. L’objectif ? Devenir le numéro deux de la vente de gros de pneus au pays de l’Oncle Sam et au Mexique. La nouvelle entité, baptisée NTW, réunira les activités de gros et de détail de Michelin North America et de Sumitomo Corporation of Americas (SCOA), ainsi que les services associés. Michelin a prévu d’apporter 630 millions de dollars (524 millions d'euros) en numéraire à SCOA, ainsi que sa filiale TCi Wholesale, pour assurer une détention à parité de la nouvelle société au vu de l'écart de valorisation entre TCi Wholesale (160 millions de dollars) et TBC, filiale de SCOA (1,52 milliard).

La coentreprise, dont le siège sera installé à Palm Beach en Floride, sera dotée d'un conseil d'administration de six membres, nommés à parité par les deux protagonistes. TCi possède plus de 85 implantations aux Etats-Unis, tandis que SCOA totalise 59 centres de ventes en gros et plus de 2.400 points de vente de détail en Amérique du Nord.

De quoi, en effet, muscler la dynamique commerciale du couple franco-japonais à moindre frais et surtout sans perdre de temps. Plusieurs analystes en sont convaincus ce matin qui révisent leurs objectifs de rentabilité et de cours sur Michelin. « Ce renforcement commercial aux Etats-Unis devrait avoir un impact positif, mais mesuré à court terme, même s’il recèle un plus fort potentiel à moyen terme, quand ce renforcement du poids commercial pourra se traduire dans l’assise industrielle », note ainsi Jean-Louis Sempé de chez Invest Securities qui anticipe dorénavant un cours de 124 euros contre 119 euros précédemment.

Une bonne nouvelle pour l’équipementier français inscrit dans une spirale boursière plutôt flatteuse depuis 5 ans, l’action s’adjugeant près de 20% sur un an, 69% sur 3 ans et 66% sur 5 ans, alors qu’elle évolue actuellement à des niveaux historiquement élevés. Jean-Dominique Senard semble, en fait, récolter enfin les fruits d’une stratégie tout aussi axée sur la prudence que l’innovation. Et ce, dans un contexte concurrentiel féroce, surtout de la part de ses homologues chinois prêts à toutes les ristournes pour emporter les marchés. Mais Michelin, jusqu’à ce jour a réussi à faire souvent la différence grâce à la technicité de ses pneus, technicité lui garantissant un niveau de marge acceptable. 

Jean-Dominique Senard, un moment pressenti pour reprendre la présidence du Medef est décidément à l’honneur en ce moment puisqu’avec l'ancienne dirigeante de la CFDT Nicole Notat, il vient de se voir confier une mission sur la vision de l'entreprise par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Dans le cadre du "Plan d'Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (PACTE), le gouvernement lance effectivement dès demain "les travaux sur la vision de l'entreprise dans la société".

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