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Macro-économie
Combien de temps la croissance peut-elle durer ?
La conjoncture mondiale n'avait pas été aussi bonne depuis la crise de 2008 et les très belles performances des Bourses ces douze derniers mois en sont le reflet. La plupart des institutions économiques internationales ont d'ailleurs revu leurs prévisions de croissance à la hausse cet automne, le FMI estimant que le PIB mondial devrait progresser de 3,6% cette année et 3,7% en 2018, tandis que l'OCDE prévoit de son côté une progression de la croissance de 3,5% et 3,7% pour 2017 et l'an prochain. Une accélération de l'économie principalement motivée par "la hausse des exportations, dans un contexte de large reprise du commerce mondial et d'une demande intérieure solide au sein de chaque zone, soutenue par des conditions financières accommodantes", a souligné le fonds monétaire dans son rapport d'octobre dernier.
Comment expliquer cet optimisme généralisé de la part des économistes et institutions, et quels sont les critères qui permettent d'affirmer que la conjoncture continuera d'être bonne l'an prochain ? Les indicateurs avancés sont un premier élément sur lequel les prévisionnistes fondent leurs anticipations : les enquêtes PMI et de confiance au sein des différents pays "préfigurent généralement de la tendance de la croissance à venir", explique ainsi David Benmussa, directeur de la distribution externe chez Amundi. Or ces indicateurs sont au plus haut et largement au dessus du seuil de 50 qui marque la limite entre la contraction et l'expansion. En France et en Allemagne par exemple, les derniers indices PMI manufacturiers pour le mois d'octobre ont atteint respectivement 56,1 et 60,6 tandis que celui de la zone euro s'est établi à 58,5. Les chiffres pour le mois de novembre seront publiés demain pour l'ensemble de la zone euro et sont attendus au même niveau, preuve que les chefs d'entreprises sont eux aussi très confiants pour la conjoncture des prochains mois.
L'accélération du commerce mondial devrait également se poursuivre, selon les anticipations de Schroders, qui estime que c'est l'une des raisons pour lesquelles l'ensemble des prévisionnistes a revu ses perspectives à la hausse pour cette année et l'an prochain. Un élément non négligeable puisque c'est la première fois depuis six ans que les perspectives ne sont pas revues à la baisse. Autre élément à souligner quant à la croissance cette année et celle prévue pour l'an prochain, le fait qu'elle est mieux répartie entre les différentes zones géographiques du monde; notamment du fait de la hausse du commerce mondial, auquel les pays émergents sont très sensibles.
Côté européen, selon Azad Zangana, chef économiste et stratégiste chez Schroders, la zone euro possède encore beaucoup de capacités disponibles non utilisées et la croissance de l'emploi est bien supérieure à sa moyenne de long terme, ce qui laisse entendre que le PIB de la zone devrait encore progresser à un rythme soutenu pour un ou deux ans. Selon le FMI, la croissance de la zone euro devrait ainsi atteindre 2,1% cette année et 1,9% l'an prochain.
Autre facteur qui devrait favoriser la croissance l'an prochain, la diminution du risque politique. "Alors que début 2017, les marchés étaient focalisés sur le risque politique, avec l'élection de Trump et le vote sur le Brexit, ils sont désormais concentrés sur l'état général de l'économie mondiale, qui est très bon", souligne ainsi Keith Wade, chef économiste du groupe Schroders. Un environnement de croissance très bon donc, mais pas suffisamment dynamique pour entraîner une hausse de l'inflation, restée très éloignée des objectifs des principales banques centrales. Celles-ci devraient donc resserrer leur politique le plus progressivement possible, afin de faire remonter les prix sans peser sur la croissance. Ce retrait très progressif des banques centrales est un autre argument qui permet d'affirmer que le PIB mondial devrait continuer d'être soutenu l'an prochain.
Et, selon les équipes de Aberdeen Standard Investment et de Pimco, c'est justement une erreur de politique monétaire qui pourrait constituer le risque le plus important pour la poursuite de la reprise mondiale l'an prochain. En zone euro, cependant le retour du risque politique ne peut être exclu, l'exemple de l'échec de Merkel à former une coalition l'ayant d'ailleurs rappelé le week-end dernier. Les élections italiennes prévues au printemps prochain (au plus tard) et l'enlisement des négociations sur le Brexit pourraient, de leur côté, ternir la confiance des acteurs économiques et des marchés européens.
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