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Jusqu'où le dollar peut-il baisser ?
L'euro-dollar s'est encore apprécié aujourd'hui, après avoir marqué une petite pause mardi et mercredi, et s'échangeait ainsi en fin d'après-midi hauteur de 1,1503, soit une progression de 0,05% sur la journée. Principal facteur de ce nouveau mouvement haussier: la publication d'une enquête ADP de l'emploi inférieure aux attentes du consensus, accroissant les craintes des investisseurs concernant le risque d'une nouvelle récession aux Etats-Unis. Les analystes s'attendaient ainsi à une hausse de 195 000 nouveaux emplois et le chiffre publié est finalement ressort à 156 000 postes créés. "Ce repli de l'enquête ADP aux Etats-Unis laisse présager un NPF (ndlr: les emplois non agricoles) décevant ce vendredi et le dollar pourrait consolider face aux principales devises majeures telles que l'euro ou le yen japonais", explique ainsi Sylvain Loganadin, analyste chez FXCM.
La hausse continue de l'euro contre le billet vert depuis le début de l'année a surpris la plupart des cambistes, alors que la BCE mène une politique d'assouplissement monétaire intensive, à l'opposé de la Fed qui a entamé son resserrement depuis le mois de décembre. Cette divergence de politique monétaire laissait donc présager d'une hausse du dollar, qui n'a pour l'instant toujours pas eu lieu. "Depuis janvier, les choses se passent à l'opposé de ce que le consensus anticipait sur les changes", explique ainsi Warin Buntrok, directeur de la gestion diversifiée chez BFT. L'euro s'est ainsi apprécié de près de 6% contre le dollar et le yen de 13%, alors que la Banque du Japon mène elle aussi une politique d'assouplissement monétaire.
Il convient néanmoins de replacer cette baisse du billet vert dans un contexte historique plus long : ainsi le dollar s'est-il apprécié de 25% en taux de change effectif contre l'ensemble des devises, (c'est-à-dire pondéré des échanges commerciaux) sur l'année 2014 pour atteindre un point haut en mars 2015, l'euro dollar atteignant presque la parité à 1,049. Il oscille depuis de l'ordre de plus ou moins 10% contre la monnaie unique.
La baisse actuelle résulte à la fois des craintes au sujet de la croissance américaine, qui ont entraîné un mouvement d'aversion au risque, incitant les investisseurs qui avaient fait du carry trade (en empruntant par exemple en yens pour acheter des devises qui rapportaient plus) à rapatrier leurs capitaux, explique encore Warin Buntrok. Mais également d'une certaine complaisance des marchés, qui ne prévoient qu'une hausse des taux supplémentaire de la part de la Fed, en toute fin d'année. "Les marchés n'écoutent pas vraiment les propos de la Réserve fédérale américaine, dont la présidente a pourtant dit que sa décision dépendrait de l'évolution de la conjoncture", explique encore le gérant. "Les présidents de la Fed d'Atlanta et de San Francisco ont d'ailleurs déclaré cette nuit qu'une hausse des taux pour juin était envisageable", poursuit-il. Selon lui donc, le mouvement d'appréciation de l'euro face au dollar devrait se retourner d'ici la fin de l'année et l'euro retourner dans une fourchette de 1,05 à 1,15 contre le billet vert.
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