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Le secteur pétrolier peut-il résister à l'effondrement des prix de l'or noir ?
Comment les entreprises du secteur pétrolier vont-elles s’adapter au nouvel environnement de marché ? Une question qui mérite d’être posée alors que le cours du baril de Brent a perdu plus de 50% depuis juin 2014 et s’échangeait aujourd’hui à 45 dollars. Afin d’encaisser le choc, le secteur va sans surprise chercher à réduire ses dépenses en investissements estime Ernst and Young, dans une étude qui analyse l’impact de la baisse des cours sur les compagnies. Ainsi, selon le cabinet de conseil, les investissements mondiaux des entreprises pétrolières devraient diminuer de 220 milliards de dollars sur 2015-2016 ; ce qui représenterait pour les entreprises des coupes claires de l’ordre de 20% à 30% de leurs dépenses, pour continuer d’être rentables.
La baisse inévitable des dépenses en investissement des sociétés pétrolières, déjà bien entamée cette année (autour de 20% de baisse en moyenne par rapport à 2014), ne devrait cependant pas suffire à compenser l’effondrement des prix de l’or noir pour les entreprises de plus petite taille. « La consolidation du secteur est donc inévitable et devrait surtout concerner les fournisseurs de services pétroliers et les équipementiers », expliquent ainsi les auteurs de l’étude, qui soulignent que les petits producteurs indépendants seront également la cible de rachats dans les prochains mois. Ainsi, les sociétés pétrolières de plus petite taille dont le bilan financier est plus faible possèdent souvent des actifs intéressants, qui devraient susciter l’appétit de majors, notamment aux Etats-Unis, qui gonfleront ainsi leurs capacités de production à moindre coût. Le nombre d’entreprises du secteur, très fragmenté pour le moment (on compte ainsi près de 4000 producteurs au Etats-Unis) pourrait sensiblement diminuer estime le cabinet de conseil, après des opérations de fusion mais également la fermeture de celles qui n’auront pas fait l’objet de rachats. En Grande-Bretagne, le chiffre pourrait passer de 1500 compagnies liées de près ou de loin au pétrole, à 1000 sur les deux seules prochaines années, estime Ernst and Young.
Ce qui ne signifie pas pour autant que le secteur devrait connaître une réduction de sa production, estime pour sa part Harry Tchilinguirian, directeur de la recherche matières premières chez BNP Paribas. Sachant que l’évolution des pétrolières et leur potentielle concentration dépendra en grande partie de leur capacité de refinancement, poursuit l’économiste, en particulier aux Etats-Unis où celles-ci sont très leveragées. Ainsi, face à la chute des cours, les producteurs, équipementiers ou fournisseurs de services auront trois possibilités pour continuer à se financer : émettre de la dette, se tourner vers les banques ou faire entrer des fonds de private equity à leur capital. Certes, aux Etats-Unis notamment, la dette émise par les petits producteurs, notés en catégorie High Yield, est devenue très chère pour les émetteurs -les taux ont beaucoup monté car les investisseurs craignent des défauts- et donc délicate à émettre. Mais la plupart des pétrolières sont pour le moment majoritairement parvenues à maintenir leurs lignes de crédit auprès des banques, estime Harry Tchilinguirian. Celles-ci ayant intérêt à se voir rembourser leur capital in fine. Surtout, l’évolution du secteur dépendra en grande partie des anticipations de prix sur les contrats futures ; si ceux -ci remontent, les pétrolières pourront de nouveau se couvrir, générant ainsi du cash-flow leur permettant de garantir leurs crédits auprès des banques, conclut l'économiste.
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