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Cameron marque des points auprès de l'Allemagne

Le premier ministre britannique entamera ce soir les négociations avec ses partenaires de l'UE pour obtenir l'assouplissement de certaines règles européennes. Schäuble a déjà laissé entendre que son pays serait ouvert à ces demandes de réformes.
David Cameron
David Cameron

David Cameron s’envolera ce soir pour Riga pour le sommet du Partenariat oriental où il compte bien, en marge des réunions avec les 6 anciens Etats de l’URSS, avancer ses pions auprès de ses partenaires européens au sujet de la renégociation des traités de l’UE. Selon les informations du Times, le premier ministre britannique emporte dans ses valises une nouvelle requête, en plus de toutes celles déjà énoncées pendant sa campagne : il souhaiterait ainsi demander à ce que l’euro ne soit plus mentionné comme la monnaie « unique » de l’UE et que les traités soient modifiés afin de mentionner l’UE comme une zone comportant une pluralité de devises. Autre sujet, plus crucial que David Cameron pourrait aborder, celui des quotas de migrants afin de limiter le phénomène du tourisme social, qui selon lui permet à des migrants européens de venir profiter des avantages sociaux britanniques. Le premier ministre souhaite également revenir sur certaines réglementations financières qui pourraient entraver le développement de la City (celle sur les rémunérations, TTF…)

Si les négociations ne font que commencer et risquent d’être longues et douloureuses, le premier ministre semble s’être déjà trouvé un allié outre-Rhin. Dans une interview accordée ce matin aux Echos et au Wall Street Journal, Wolfgang Schaüble déclare que son pays comptait également négocier des positions particulières et profiter des requêtes de la Grande-Bretagne : « nous allons tous apporter notre contribution. L’Allemagne aussi ». Et de souligner ensuite les bonnes relations entre la chancelière et David Cameron (qui doivent se rencontrer à Berlin en juin) tandis que lui-même avait « d’étroites relations avec Georges Osborne ». Le ministre des finances est donc a priori favorable aux discussions entamées avec David Cameron, qui seront pour lui une façon de repenser la gouvernance de la zone. L’allemand va encore plus loin : « Il y a un intérêt considérable pas seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe, à discuter de toutes les questions que le Royaume-Uni veut aborder. Avec l’idée de trouver une bonne solution, car nous avons un intérêt majeur à ce que la Grande-Bretagne reste un partenaire fort et engagé de l’Union européenne ». Voilà qui est on ne peut plus clairement énoncé et laisse penser que la Grande-Bretagne devrait parvenir à ses fins avant la tenue du referendum, qui devrait avoir lieu en 2016, soit un an plus tôt que prévu.

Le ministre britannique de l’Europe est également assez confiant sur le sujet : David Lidington déclarait ce matin au Telegraph que les négociations seraient certes compliquées. Mais que l’ensemble des Etats européens étaient conscients que l’UE ne pourrait continuer à aller dans la direction actuelle. Surtout, a souligné le ministre, vu le niveau de défiance des citoyens européens dans l’institution, les Etats membres ont tout intérêt à profiter des requêtes britanniques pour repenser le modèle. « Selon les sondages, le niveau de confiance est encore plus bas en France et en Espagne que chez nous », a déclaré David Lidington.

Selon les analystes de Natixis, le Royaume-Uni devrait effectivement réussir à bénéficier de l’appartenance à l’UE, « tout en rejetant les règles qui lui seraient défavorables », telles que les réglementations du marché du travail, des intermédiaires financiers, les règles budgétaires de la zone euro ou celles concernant la circulation des personnes. Depuis son adhésion à l'UE, le pays bénéficie du libre-échange et surtout de la libre circulation des capitaux et de l’accès des intermédiaires financiers britanniques à l’euro. « Le marché financier du pays a profité du développement de l’euro en prenant une place très importante dans les marchés des actifs en euros », expliquent les analystes de Natixis. Qui estiment donc qu’il est extrêmement probable que le referendum conduise au maintien du pays dans l’UE.

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