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Immobilier : les chiffres qui rassurent
Il y a un an, qui aurait pensé que le marché immobilier britannique ne constituerait plus une opportunité d’investissement, ou en tout cas que les autres pays européens seraient plus attractifs que lui ? Peu d’observateurs, même si le risque de l’éclatement d’une bulle planait. Depuis, le Brexit a rebattu les cartes. “Nous remarquons plus d’opportunités d’investissements en dehors du Royaume-Uni”, partage Neil Matheson, stratégiste chez Standard Life Investments. Selon une étude parue aujourd’hui et réalisée par Nationwide, les prix de l’immobilier résidentiel britannique auraient toutefois progressé de 4,5% en 2016. Cependant, Londres marque les signes d’un retournement, alors que c’était la zone la plus dynamique, notamment pour l’immobilier d’entreprises. “La période de performance remarquable de Londres pourrait toucher à sa fin", estime même Robert Gardner, chef économiste chez Nationwide. En effet, selon ses anticipations pour 2016, les prix des bureaux de la capitale ne progresseraient que de 3,7% alors qu’ils avaient bondi de 12,2% en 2015.
Si Nationwide ne voit pas pour autant d’effondrement du marché britannique malgré le Brexit, les investisseurs regardent ailleurs, de l’autre côté de la manche ou de l’Atlantique. “Aux États-Unis et en Europe, les rendements sont attrayants, la croissance du marché locatif est positive, et le développement commercial reste restreint alors que son rendement est élevé”, relève Neil Matheson. Mais ce qui profite à l’immobilier européen continental, et moins aux Etats-Unis, ce sont les taux bas de la BCE qui permettent de valoriser les rendements servis : selon une récente étude de l’Observatoire de l’épargne européenne, ils s’affichent à +11,65% en Grande-Bretagne et à +10,22% en France, +8,04% en Espagne ou +5,19% en Allemagne. D’ailleurs, “la préoccupation principale a résidé dans le maintien de la politique monétaire accommodante de la BCE et de ses conditions”, rappelle Aurore Vialatte, analyste chez l’Institut de l’épargne immobilière et foncière.
Ces taux bas permettent de relancer l’immobilier dans de nombreux pays, dont la France. Depuis 2013, les transactions dans le résidentiel repartent à la hausse. Et 2016 devrait renouer avec les niveaux connus avant la crise de 2008, soit plus de 800.000 transactions. Le marché du neuf devrait lui aussi connaître un net rebond grâce à la nouvelle version du dispositif Pinel mais aussi la nouvelle mouture du prêt à taux zéro. Autre exemple : l’investissement à la montagne. Selon Athena Advisers, un cabinet de conseil en investissement immobilier, les ventes seraient en progression de 9% sur les huit premiers mois de 2016.
Au total, les prix de l’immobilier, tous marchés confondus, repartent à la hausse en 2016. La France n’est pas le seul pays à connaître ce phénomène. Les Pays-Bas ou la Belgique connaissent aussi une remontée. Mais celle-ci n’est pas sans risque. Par exemple, le Comité européen du risque européen a exprimé le mois dernier son inquiétude face à la montée de l’endettement des ménages belges en raison de la hausse rapide des prix.
La Chine, elle, ne constitue aucune alternative pour les investisseurs. Là-bas, l’année s’annonce compliquée, bien qu’annoncée stable : les ventes devraient baisser provoquant une pression particulière sur les promoteurs immobiliers les plus exposés dans un contexte de resserrements des financements des entreprises. Du coup, même si les marchés immobiliers européens ne sont pas parfaits, ils rassurent un peu plus qu’ailleurs… pour le moment
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