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Paris plus attractive que Londres selon les investiseurs étrangers
Effet Macron ou effet Brexit ? La France en tout cas n'a jamais été aussi attractive aux yeux des dirigeants internationaux, interrogés par EY, à l'occasion de son baromètre annuel sur le sujet. "Le premier enseignement que l'on peut tirer de cette étude est la très forte hausse des investissements directs étrangers en France l'an dernier", entame ainsi Marc Lhermitte, associé chez EY et auteur du baromètre. Le nombre de projets d'investissement étrangers a ainsi grimpé de 31% sur un an en France, pour atteindre 1.019, se rapprochant de la Grande-Bretagne (1.205 IDE) et de l'Allemagne (1.124). C'est néanmoins dans l'Hexagone que la hausse a été la plus soutenue, puisque le nombre d'IDE n'a progressé que de 6% dans les deux autres pays en tête du peloton.
Un véritable bond en avant donc, que l'auteur de l'étude explique notamment par le succès des premières réformes de compétitivité. La reprise économique dans l'ensemble de l'UE a par ailleurs particulièrement bénéficié à la France, où les dirigeants étrangers n'avaient jusqu'à présent pas réalisé beaucoup d'investissements de capacité. Quatre secteurs ont particulièrement boosté les IDE l'an passé : l'industrie d'une part, qui a concerné 323 projets au total (soit une progression de 52%). A noter toutefois que sur l'ensemble de ces projets industriels, seule une quarantaine concerne de nouveaux sites de fabrication, tandis que les 280 autres sont des extensions d'usines déjà existantes. Les activités tertiaires et commerciales (432 projets), les centres de recherche et développement (78 IDE) et enfin l'implantation de sièges sociaux (59 en tout) ont également tiré les IDE vers le haut.
Le nombre de sièges qui se sont implantés dans l'Hexagone a été multiplié par trois, note EY, qui estime que la France a bénéficié dans ce cas précis du Brexit : "en 2015 un siège social à vocation internationale sur deux choisissait de s'implanter à Londres. En 2017 la proportion n'était plus que de 1/4. De nombreuses entreprises choisissent désormais directement Paris et d'autres capitales européennes", poursuit Marc Lhermitte. Le baromètre cite ainsi le cas de l'éditeur canadien de solutions de sécurité IP Genetec, qui a installé l'an dernier son siège Europe à Paris ou celui du groupe singapourien H3Dynamics spécialisé dans la télérobotique, qui a implanté et son centre de décision européen et un centre de R&D en France. L'Hexagone est d'ailleurs le pays qui a réalisé la plus belle progression du trio de tête (Royaume-Uni et Allemagne) en matière d'implantation ou d'extension de centre de R&D en 2017 : Amazon a ainsi annoncé il y a un an l'ouverture d'un centre de développement pour la création d'un système de gestion du trafic par drone, tandis qu'Intel a ouvert son premier centre de recherche européen dans l'Essonne. Mais, note Marc Lhermitte, le marché du R&D reste très serré et représente une zone de bataille stratégique, toutes les autres grandes puissances européennes ayant également les yeux rivés sur le secteur. "La Frenctech continue de fonctionner, mais la compétitivité est intense et les efforts dans ce domaine doivent être maintenus" explique l'associé.
Autre enseignement très encourageant de ce baromètre : l'image de la France n'a jamais été aussi bonne ces dix dernières années. 81% des dirigeants interrogés ont ainsi affirmé que la France était une localisation satisfaisante, contre 73% l'année précédente. Mieux encore, les investisseurs estiment à 55% que l'attractivité de la France à trois ans devrait s'améliorer. Ils n'étaient que 27% à le penser lors de la précédente édition. Un score très supérieur à l'Allemagne (45% estiment que l'attractivité du pays va se renforcer d'ici 2021) et au Royaume-Uni (30% d'avis favorables). Il faut dire que l'image du Royaume-Uni est clairement mise à mal par le contexte du Brexit : "La destination UK est beaucoup moins attractive qu'avant et le ralentissement est particulièrement marqué dans le secteur de la finance et dans l'implantation des sièges sociaux". Au bénéfice des autres capitales européennes donc. Pour la première fois d'ailleurs Paris a été jugée plus attractive que Londres par les 502 dirigeants interrogés lors de l'enquête. La capitale française est ainsi citée par 37% des interrogés comme la métropole la plus attractive, devant Londres (34%) et Berlin (24%). "Il y a toujours eu un match entre Paris et Londres qui sont les deux grandes métropoles de l'Europe. Paris a gagné dix points cette année".
La France peut-elle pour autant se reposer sur ses lauriers ? Tel n'est pas l'avis d'EY qui estime que le pays a encore du pain sur la planche pour rattraper son retard : la fiscalité élevée reste un handicap pour 43% des sondés, qui citent également la lourdeur administrative (41%) et le coût du travail (pour 38% d'entre eux). En mettant en place les réformes nécessaires, la France parviendrait ainsi à doper le nombre d'emplois créés par IDE (la proportion reste faible par rapport à l'Allemagne ou la Grande-Bretagne) et à gagner davantage de sièges sociaux, notamment d'entreprises émergentes.
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