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Renault met les bouchées doubles en Chine

L'Alliance vient de conclure une JV avec Dongfeng afin de construire des voitures électriques en Chine. Le constructeur automobile est encore peu puissant sur la zone et compte sur ses partenariats pour doper ses ventes. Il mise également sur l'Iran, la Russie, l'Inde et le Brésil pour s'émanciper d'un marché européen souvent capricieux.
Carlos Ghosn - Renault
Carlos Ghosn - Renault

Ce n’est pas parce que Dongfeng possède 13% du capital de Peugeot qu’il ne doit pas continuer à faire des affaires avec des concurrents. La firme chinoise le confirme ce matin en annonçant la signature d’une joint venture (JV) avec Renault-Nissan en vue de développer des véhicules électriques. C’est la 2eme co-entreprise que le Français met en place avec son homologue chinois. 

Pour Renault-Nissan, l’enjeu est clairement majeur, la marque au losange n’ayant jamais vraiment réussi à percer sur cette zone. Comme son principal concurrent, PSA, celui-ci venant d’annoncer de très mauvaises performances semestrielles sur cette région. En cause, l’inadéquation des modèles proposés par rapport à la demande. La marque au lion étudie, du coup, la production locale spécifique d'une version rallongée de sa future berline 508 II.

Baptisé eGt New Energy Automotive, la nouvelle JV "s'appuiera sur les compétences clés de chaque partenaire pour produire des véhicules électriques compétitifs destinés au marché chinois et aura une capacité de production de 120.000 véhicules par an", indique Renault-Nissan dans un communiqué. Renault exploite déjà depuis 2016 une usine avec Dongfeng à Wuhan mais la présence du constructeur français reste marginale au pays de l’ex Empire du Milieu. Objectif annoncé : doubler les ventes dès cette année pour atteindre les 70.000 véhicules vendus. Un chiffre, certes, dérisoire par rapport à la population et le marché local (25 millions d’unités), mais qui s’inscrit dans une mouvance ascendante à la différence de PSA. La marque au losange a d’ailleurs signé un autre accord début juillet avec un autre Chinois, Brillance China Automotive en vue de développer des utilitaires, soit une première pour le groupe sur ce créneau.

Au-delà de la volonté de mieux percer ce fantastique marché chinois, Carlos Ghosn veut aussi accroître son expertise sur les voitures électriques et gagner de précieuses parts de marché sur ce créneau qu’il juge particulièrement porteur. Marché sur lequel Renault-Nissan est aujourd’hui leader mondial. Et il est évident que pour capter une clientèle soucieuse de confort à bon prix, mais aussi de plus en plus tournée vers un mode de vie écologique, les modèles électriques sont très prometteurs.

Mais la Chine reste un pays très difficile pour les deux constructeurs français qui ne peuvent rien faire sans un partenaire local, ont beaucoup de mal face à la concurrence allemande (Volkswagen, BMW, Mercedes) et sont obligés de revoir constamment leur politique marketing. A la différence de Nissan qui y vend un million d’unités chaque année, la Chine représentant son deuxième marché international après les Etats-Unis. D’où les efforts constants de Renault pour multiplier les implantations mondiales. Début août, la firme française annonçait ainsi un important accord en Iran afin de produire à terme 300.000 voitures par an dans ce pays via une co-entreprise représentant un investissement de 660 millions d'euros. Il est à noter que Renault n’est jamais parti du pays même pendant la période de black-out des Etats-Unis. L’an dernier elle y a vendu 100.000 véhicules et au 1er semestre 2017, elle totalisait déjà 68.000. Hormis la Chine et l’Iran, Carlos Ghosn met parallèlement les bouchées doubles en Russie (après avoir racheté en 2016 AvtoVAZ et sa marque Lada), où les résultats ne sont certes pas encore au rendez-vous mais aussi au Brésil et en Inde avec un modèle conçu uniquement pour ce marché, la Kwid vendue 3.500 euros sur-place. De quoi s’émanciper d’un marché européen très cyclique et souvent en berne.

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