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SoLocal essaie de calmer le jeu
A trois semaines de l’assemblée générale tant attendue par les actionnaires, la direction de SoLocal met de l’eau dans son vin. Après avoir ignoré pendant des mois les actionnaires individuels, voilà que le groupe annonce que la gouvernance de la société pourrait évoluer pour en faire entrer quelques uns au conseil d’administration. Une avancée majeure dans le bras de fer engagé entre le management de SoLocal et l’association RegroupementPPLocal depuis plusieurs mois. Ces relations houleuses se sont d'ailleurs soldées par l’inscription à l’ordre du jour de la prochaine AG de douze résolutions destinées à faire exploser le conseil d’administration actuel. L’une d’entre elles prévoit la révocation du président, Robert de Metz et du directeur général, Jean-Pierre Rémy alors qu’une autre propose la nomination de sept administrateurs, tous actionnaires, dont Arnaud Marion destiné, si elle est votée, à diriger SoLocal. Ces mêmes résolutions ont aussi été déposées par Arnaud Marion et Didier Calmels. La direction est dans tous les cas mise à mal, d’autant plus que l'actionnaire activiste, Benjamin Jayet est vent debout contre la direction et aux côtés des actionnaires.
Evidemment, la direction ne soutient pas ces résolutions, considérant que cela va à l’encontre de l’équilibre du conseil d’administration. Moyennant quoi, SoLocal se dit prêt à faire entrer des actionnaires individuels au conseil d’administration. Une seconde assemblée générale, une fois que le plan de restructuration sera approuvé et réalisé, sera convoquée, assure le groupe, pour examiner les changements à apporter au CA. Dans l’intervalle, le CA a proposé au groupe de créanciers et à RegroupementPPLocal de disposer d’un nombre limité de représentants au sein du Conseil d’administration avant la deuxième AG post-restructuration. « Les discussions se poursuivent et le Conseil d’administration tiendra les actionnaires informés s’il est en mesure de proposer de nouvelles candidatures aux postes d’administrateurs lors de l’Assemblée Générale Mixte du 19 octobre 2016 », souligne l’entreprise. Au final deux membres actionnaires pourraient être nommés à cette occasion.
Du coté du plan de restructuration, les choses ont encore évolué. Des négociations ont été menées vendredi dernier entre la direction et Jacques-Henri David (actionnaire individuel membre de RegroupementPPLocal) afin de faire évoluer les propositions faites aux actionnaires. « Il est à noter que ces négociations n’ont eu lieu que vendredi dernier alors qu’un mandataire ad hoc a été nommé en juin. Aucune discussion incluant les actionnaires n’avaient jusqu’ici eu lieu », souligne un observateur. Aussi, alors que la société proposait dans son plan initial, une augmentation de capital à 1 euro l’action avec bon de souscription d’action à 1,5 euro, les modalités envisagent désormais l’octroie d’une action gratuite par action détenue. La part des actionnaires passera donc à 11,9% du capital contre 6,3% initialement proposé. « C’est certes une amélioration, mais les actionnaires demandaient 5 actions gratuites pour coller à la valeur économique réelle de l’entreprise et réduire au maximum la dilution», complète ce proche du dossier. « Il y a une amélioration et une initiation des négociations avec les actionnaires. Mais cela ne va pas assez loin, il faut continuer ces négociations afin d’arriver à un plan qui va dans l’intérêt des actionnaires et de l’entreprise », note Arnaud Marion, actionnaire activiste qui se présente comme un facilitateur des échanges.
Reste que les créanciers ne sont pas prêts à lâcher du lest. D'autant que la rémunération de la dette résiduelle, qui posait encore problème récemment, a été tranchée en faveur des créanciers. En effet, les 400 millions d’euros résiduels qui seront émis sous forme d’obligations le seront à taux variable (euribor minimum de 1% plus une marge allant de 3 à 9%), avec un taux de 7 à 8% sur les 6 premiers mois. Dans un contexte de taux bas, voire négatifs, cette rémunération est plutôt considérée comme « distressed », ce que demandaient les créanciers. « Ces derniers vont continuer à pomper la trésorerie pour se rembourser, tout en devenant actionnaires », souligne l’observateur. En effet, rappelons qu’une augmentation de capital est réservée aux créanciers à 1 euro par actions pour convertir une partie de leurs créances en action. « Ce plan permet à des créanciers comme les hedge funds Paulson et Amber, qui sont sortis du capital à un prix élevé l'an dernier, pour devenir créanciers, de revenir au capital à un prix dérisoire. Par ailleurs, la question des créanciers-actionnaires comme DNCA, reste en suspens quant aux problèmes de conflit d’intérêt et de distorsion du traitement des actionnaires entre eux », insiste encore ce proche du dossier.
Reste que SoLocal va soumettre au vote des créanciers le plan de restructuration le 12 octobre prochain et aux actionnaires le 19 octobre lors de l’AG. Pourtant, SoLocal l’avoue, « ce processus de vote est initié en dépit du fait que les négociations avec les créanciers qui avaient signé un accord de principe le 1er août 2016, n’ont pas totalement abouti, en particulier sur les termes de la dette et sur la gouvernance ». En d’autres mots, SoLocal se risque à un exercice délicat et dangereux qui pourrait aboutir à un refus et des créanciers et des actionnaires du plan de refinancement de la dette.
Quoiqu’il en soit, le titre a repris sa cotation ce matin, enregistrant une hausse de 24,30 % à 3,41 euros depuis l’ouverture du marché. « Il va obligatoirement y avoir une évolution de la géographie du capital dans les prochains jours, certains se positionnant fortement à l’achat » conclut monsieur x. Un dossier qui rappelons le est toujours suivi de près par l’AMF, qui s’inquiète du manque de transparence dans les communications de la direction et du traitement des actionnaires.
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