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WTI et Brent devraient désormais évoluer aux mêmes prix

Le WTI et le Brent s’échangent au même prix depuis hier, alors que le pétrole américain se traitait depuis 2010 en deçà du cours de celui de Mer du Nord. La levée de l’interdiction d’exporter le WTI, adoptée au Congrès vendredi dernier, est responsable de la hausse du Texas Light Sweet depuis lors.
petrole dollar
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Pour la première fois depuis près de 5 ans (à part une courte exception début janvier 2015), le cours du WTI est remonté au même niveau que celui du Brent, suite à l’adoption vendredi dernier d’une loi au Etats-Unis permettant de lever l’interdiction d’exporter le pétrole américain. Le Brent et le Texas Light Sweet s’échangeaient ainsi ce matin à 36,4 dollars le baril, soit une hausse de plus de 5% pour le WTI depuis vendredi. Plus léger que le Brent et donc de meilleure qualité, le WTI était traditionnellement 1 à 2 dollars plus cher que celui de Mer du Nord, mais cette tendance s’était inversée à partir de 2010 et l’écart n’avait cessé de grandir depuis. Ainsi, le début de l’exploitation massive du gaz de schiste aux Etats-Unis et les surplus de pétrole dans l’ouest et nord-américain avaient poussé le WTI à la baisse, l’écart contre le Brent atteignant un record de 26 dollars début septembre 2011 (83 dollars pour le WTI et 110 pour le Brent).

Devant l’effondrement des prix de l’or noir cette année, entraîné par la guerre géopolitique larvée entre les pays de l’OPEP, déterminés à pénaliser la production de schiste américaine et les Etats-Unis, le Congrès a donc décidé de lever l’interdiction pesant depuis près de 40 ans sur les exportations de pétrole américain.

L’embargo remonte en effet au choc pétrolier de 1973-1975, lorsque les Etats-Unis, dont la production de pétrole était en déclin, voulurent se protéger d’une possible rupture des approvisionnements. Ils décidèrent alors de se constituer une réserve stratégique de brut et d’interdire l’exportation de la production nationale. Le projet de loi adopté vendredi dernier par le Congrès prévoit désormais « qu’aucun responsable du gouvernement fédéral ne pourra imposer ou faire respecter des restrictions à l’exportation sur le brut ». Les grands groupes pétroliers du pays réclamaient depuis plusieurs mois la levée de cet embargo, espérant ainsi soulager la surabondance de leurs stocks et augmenter leurs débouchés. Le cours des principales compagnies pétrolières américaines est donc en hausse sensible depuis le début de la semaine, bien qu’il ne soit pas encore certain, selon les analystes, que la levée de l’embargo entraîne une forte hausse des exportations américaines. De même, malgré la volatilité du WTI ces derniers jours, son cours ne devrait pas non plus s'apprécier outre-mesure, mais s'échanger "dans un range de 5 dollars par rapport au Brent" dans les prochains mois, selon Alexandre Andlauer, d'Alpahvalue.

D'une part parce que pour des acheteurs européens ou asiatiques, le WTI restera plus cher que le Brent si on inclut les prix de son transport. D'autre part parce que de manière plus globale, la demande mondiale devrait en effet rester inférieure à l’offre l’an prochain. Sachant que, selon les analystes de Goldman Sachs, la douceur de l’hiver devrait encore davantage affecter à la baisse la demande en énergie. Selon la banque américaine, la production mondiale a dépassé la demande de 1,5 million de baril par jour au quatrième trimestre de cette année, un excédent qui devrait rester identique jusqu’au moins la deuxième partie de l’année 2016. Selon un rapport publié hier par Goldman Sachs, le baril pourrait descendre jusque 20 dollars avant que le marché ne se réajuste.

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