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Gemalto subit de plein fouet les révélations Snowden
Le titre Gemalto était de loin la lanterne rouge du CAC 40 et perdait près de 4% à 69 euros avant la clôture ce vendredi, après des révélations sur le piratage de ses cartes SIM et leur système de sécurité par le site américain The Intercept. Le média a ainsi exploité les documents top secrets de la NSA (National Security Agency) et de son équivalent britannique, la GCHQ (Government Communications Headquarters) révélés par Edward Snowden. Ces derniers démontrent que les deux agences de renseignement ont volé les clés d'encryptage des cartes SIM de Gemalto, le plus gros fabricant mondial de cartes à puce, afin de pouvoir surveiller une grande partie des communications mondiales en 2010 et 2011. La cible est d'envergure: le français compte comme clients les plus importants opérateurs télécoms, notamment AT&T, Verizon, T-Mobile et Sprint aux Etats-Unis et 450 fournisseurs de réseaux sans fil dans le monde. Le groupe fabrique deux milliards de cartes à puce par an, à travers 85 pays.
L'opération orchestrée des deux côtés de l'Atlantique avait pour but d'accéder et espionner le plus grand nombre de communications possibles, sans avoir besoin d'un mandat ou de mettre en place des écoutes de manière officielle, et de ne laisser aucune trace de ce "hacking". La société a d'ailleurs elle-même avoué qu'elle "ne pouvait à ce stade vérifier les informations de cette publication et n'avait aucune connaissance que les agences menaient ce type d'opération". Si elle certifie avoir "détecté et déjoué" les attaques de hackers malveillants depuis plusieurs années et indique mener une enquête profonde, ces révélations sonnent comme un aveu de faiblesse de la part d'un acteur phare de la sécurité digitale.
C'est le deuxième coup dur en quelques mois pour Gemalto, qui avait pâti début octobre des effets de la sortie d'Apple Pay. Le groupe à la pomme, qui a incorporé la technologie NFC dans ses iPhone 6 et bientôt les Apple Watch, a néanmoins décidé de faire appel en direct à Visa et Mastercard pour leur fournir des services de sécurité (TSM), marché sur lequel Gemalto intervient. Le titre avait chuté de 70 à moins de 60 euros, touchant un plus bas depuis mai 2013. Il venait de retrouver ce niveau de 70 euros avant que ne tombent ces révélations.
Mais de l'avis des analystes, la société a tout de même une carte à jouer sur le front du paiement mobile, malgré la concurrence. L'écosystème commence à décoller: Apple Pay représente deux tiers des paiements sans contact pour les trois principaux réseaux américains, l'offre de Starbucks monte en puissance et les rumeurs sur un rachat de Softcard, une joint-venture entre AT&T, T-Mobile et Verizon, valide le modèle de la technologie NFC, selon Kepler Cheuvreux. Le groupe devrait annoncer des résultats annuels solides le 5 mars prochain, avec une croissance organique de 11% et une marge opérationnelle en hausse de 10%. Si l'annonce constitue un vrai défi de communication et de pédagogie auprès des investisseurs, le titre apparaît nettement décoté sur un couple risque-rendement, et pourrait bientôt atteindre les 100 euros.
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