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PAI Partners solde son aventure dans le coté avec Atos

Le fonds a vendu les 9% du capital d'Atos qu'il détenait encore. La patience a fini par payer pour cet investissement de 2008, symbole d'une période où la Bourse était un terrain de jeu privilégié pour le private equity.
Thierry Breton
Thierry Breton

"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage", voilà un adage adopté avec sagesse par PAI Partners lors de son investissement dans Atos. Le fonds de private equity vient de quasiment solder sa participation au sein du groupe de services informatiques, en vendant 9,2 millions d'actions, soit 9% du capital, pour 581,9 millions d'euros par titre. L'opération de placement s'est faite au prix de 63,25 euros par action, soit une décote de 4,2% sur le cours de clôture hier, mais reste supérieure à la première cession de bloc de 8,9 millions d'actions, en novembre 2013, pour 61,25 euros par titre. Il garde seulement 1% du capital en reliquat.

Cette sortie a un goût tout particulier pour PAI Partners, qui alors qu'il s'appelait encore Paribas Affaires Industrielles, avait participé comme actionnaire à la création d'Atos, né de la fusion entre Axime et Sligos en 1997. Il avait ensuite initié son introduction en Bourse deux ans plus tard, puis le mariage avec Origin, en 2000. Le fonds était ensuite revenu en force à l'été 2008, alors que le groupe sortait affaibli d'un bras de fer avec deux actionnaires activistes, Centaurus et Pardus. PAI Partners s'était arrogé près de 18% du capital à un cours proche de 39 euros par action, alors que le titre valait 60 euros deux ans plus tôt, mais le point d'entrée ne s'est pas révélé optimal. La bataille pour le management du groupe et la faillite de Lehman Brothers trois mois plus tard ont fait plonger le titre à seulement 15 euros fin 2008!

C'est alors que l'entrée de Thierry Breton comme nouveau P-dg (photo ci-contre) a signé le début d'une profonde restructuration du groupe tout en poursuivant des acquisitions ciblées, comme celle des services informatiques de Siemens en 2010, qui est resté premier actionnaire du groupe avec 12,7% des parts. Plus récemment, Atos a confirmé son appétit pour les nouvelles thématiques du cloud, du big data et l'enjeu de la cyber-sécurité avec son OPA sur Bull en mai 2014. Celle-ci s'est achevée à l'été dernier, en même temps que l'IPO de Worldline, son spin-off des activités de paiement électroniques, qui affiche désormais 2,1 milliards d'euros de capitalisation boursière. Le cours est revenu tutoyer les 70 euros il y a tout juste un an, du jamais vu depuis 2002, ce qui aurait pu être le moment idéal de sortie, mais son actionnaire financier a probablement cru à une revalorisation du titre à la faveur de ces récentes manoeuvres.

Quoi qu'il en soit, PAI Partners peut avoir le sentiment du devoir accompli dans l'univers du coté, un univers désormais largement abandonné par le private equity. Certains acteurs se sont brûlés les ailes à ce jeu, comme Wendel avec Saint-Gobain ou Eurazeo avec Danone en France, même si ce dernier s'en est finalement bien sorti après 25 ans comme actionnaire. Ce format d'investissement a surtout subi la critique des investisseurs pendant la crise, ceux-ci considérant qu'ils pouvaient investir en direct en Bourse et que la mission du private equity était justement de trouver des pépites sous-valorisées dans le non coté. Grâce au retour en grâce des marchés actions, les fonds peuvent donc solder de vieilles aventures tout en offrant à leurs LPs une confortable plus-value, à l'image de celle que vient de générer PAI Partners sur Atos.


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