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Mario Draghi tente d'enrayer (en vain) la hausse de l'euro 

Le président de la BCE a cherché à rassurer les marchés sur la sortie du QE, qui sera très progressive selon lui. Mais les investisseurs en devises ont retenu que de nouvelles annonces sur le tapering seraient dévoilées en octobre, ce qui a fait grimper l'euro. 
Mario Draghi
Mario Draghi

Le président de la BCE a adopté un ton plus que prudent lors de la conférence de presse de rentrée post-réunion des gouverneurs. Il a ainsi répété que les taux d'intérêt seraient maintenus au niveau actuel bien au-delà de la fin du programme d'achat d'actifs, et que la BCE se tenait prête à accroître son intervention, si les conditions financières ou économiques se dégradaient. Le but recherché était bien sûr de faire fléchir l'euro, qui a grimpé de près de 15% contre le dollar depuis le début de l'année, et dont la flambée commence à inquiéter les gouverneurs. Le président a d'ailleurs indiqué que le sujet était source d'anxiété pour la BCE et méritait "d'être suivi de très près" par son institution, notamment parce que la hausse de la devise risquait de pénaliser le retour de l'inflation vers l'objectif de 2% visé par la BCE.

Les économistes de la vénérable institution ont d'ailleurs révisé à la baisse leurs prévisions de prix pour cette année, principalement en raison du taux de change, a précisé le président : l'inflation ne devrait ainsi pas dépasser les 1,5% en 2017, avant de tomber à 1,2% l'an prochain et de retourner à 1,5% en 2019. Les perspectives de croissance ont en revanche été révisées en hausse pour cette année, le PIB de la zone euro étant désormais attendu à 2,2%. Malgré ce discours très mesuré, le président n'est pas parvenu à faire baisser l'euro, en hausse de près de 0,8% en fin de journée, franchissant de nouveau à la hausse la barre symbolique des 1,20. 

Il faut dire que Mario Draghi a profité du questions-réponses avec les journalistes pour faire plusieurs annonces de taille concernant le tapering. Il a ainsi annoncé que la prochaine réunion d'octobre serait l'occasion pour l'institution de "calibrer" la suite du QE, en décembre 2017. Les achats de titres de 60 milliards par mois, sont en effet programmés jusqu'à la fin de l'année, et le président devrait donc détailler la suite des événements dans un mois. Les gouverneurs ont déjà préparé le terrain aujourd'hui en discutant des différents scénario envisageables pour 2018, notamment sur la taille des achats, la durée du programme et le type d'actifs, a indiqué Mario Draghi. Bref, d'ici un mois, les marchés devraient avoir une idée plus claire de la façon dont la BCE compte progressivement se retirer des marchés et resserrer sa politique. Même si Mario Draghi ne l'a pas explicitement mentionné, les très bonnes données macroéconomiques laissent prévoir un retrait en douceur de la BCE. Ce qui explique la poursuite de la hausse de l'euro cet après-midi.

"Le jeu joué par la BCE n'a pas été assez clair pour calmer l'appréciation de la devise", explique ainsi Carsten Brzeski, analyste chez ING. Mais selon l'analyste, le fait que Mario Draghi ait mentionné des conditions de financement des banques et des entreprises très bonnes, permettant de soutenir la consommation et l'investissement, souligne qu'il pourrait être prêt à laisser l'euro s'apprécier encore un peu, pourvu que les taux d'intérêt restent bas. "Si Draghi a échoué à faire baisser l'euro il a du moins fait comprendre qu'il réduirait les achats de titres très progressivement, sans remonter les taux d'intérêt, même si cela risque de faire monter un peu plus la monnaie unique," conclut l'analyste. 

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