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Quelles seront les grandes tendances de l'économie mondiale en 2018 ?
La croissance mondiale, qui en 2016, avait été la plus faible depuis la crise financière de 2008, à 3,2% devrait atteindre cette année 3,6% selon les prévisions du FMI en octobre dernier. Et elle devrait même accélérer à 3,7% l'an prochain, soutenue notamment par la reprise dans les pays émergents d'Asie et d'Europe. Si la plupart des économistes et prévisionnistes sont donc optimistes quant aux perspectives pour l'an prochain, quelles sont les grandes tendances qui devraient marquer les marchés et influencer la conjoncture mondiale en 2018 ? Les équipes de Capital Economics ont listé leurs dix principales attentes dans une note publiée aujourd'hui dont il ressort que les banques centrales seront parmi les premières protagonistes de l'échiquier mondial pour 2018.
La Fed tout d'abord sera l'une des principales actrices du jeu économique, elle qui devrait relever les taux à 4 reprises. La croissance américaine est bien enclenchée (elle devrait atteindre 2,2% cette année selon le FMI) et la réforme fiscale de Donald Trump devrait booster l'économie du pays à hauteur de 0,5% par an et permettre au PIB de grimper de 2,5% l'an prochain donc, selon les prévisions de Capital Economics (et 2,3% selon celles du FMI en octobre). Le taux de chômage pourrait quant à lui repasser sous la barre des 4% et ainsi soutenir le revenu disponible des ménages. Tout ceci plaide pour une accélération de l'inflation, qui, selon l'institut de recherche, devrait dépasser les anticipations de la Fed, et l'inciter à relever les taux plus rapidement que prévu (les marchés ne prévoient pour l'instant que 3 hausses en 2018).
Seconde thématique importante pour la conjoncture économique l'an prochain, la poursuite des achats de titres par la BCE durant toute l'année, mais à un rythme inférieur à 2017. La croissance en zone euro en 2018 s'annonce presqu'aussi positive qu'en 2017 (2,1% en 2017 et 1,9% en 2020 selon le FMI), soutenue par une diminution progressive du taux de chômage et un assainissement du secteur bancaire notamment. Par ailleurs, les gouvernements ont mis de côté leurs politiques de rigueur fiscale, après le tour de vis de 2012 et 2013, et malgré les incertitudes politiques en Allemagne (Angela Merkel n'a toujours pas de gouvernement), en Italie (avec les élections du 3 mars où le mouvement de Beppe Grillo pourrait prendre de l'ampleur), la réforme très controversée de la justice polonaise, ou encore l'arrivée de l'extrême droite au gouvernement autrichien, la conjoncture devrait néanmoins rester favorable, estime Capital Economics.
La Banque d'Angleterre sera également au centre des préoccupations des marchés à partir de janvier prochain : si le consensus table sur un ralentissement de l'économie britannique en 2018, en raison des tumultes liés au Brexit, les équipes de Capital Economics (qui sont peut être un peu biaisées par leur localisation géographique), entrevoient une accélération de la croissance de 1,5% cette année à 2% l'an prochain (le FMI prévoit de son côté un PIB à 1,7% en 2018 seulement) ! Principal argument avancé par les équipes de l'institut, le fait que les incertitudes devraient diminuer en 2018, au fur et à mesure de l'avancée des négociations, ce qui renforcera la confiance des entreprises du pays et relancera l'investissement... Ce qui devrait inciter la Banque d'Angleterre à poursuivre le resserrement monétaire entamé cet automne. Un raisonnement qui semble plutôt relever du wishfull thinking que de la réalité pour le moment, tant la seconde phase des négociations sur le Brexit s'annonce compliquée.
La Banque du Japon est finalement la seule grande banque centrale occidentale qui devrait maintenir le robinet à flots l'an prochain. Après avoir connu une accélération de sa croissance cette année, qui devrait atteindre 1,5% (contre 1% en 2016), le PIB nippon devrait sensiblement diminuer, autour de 0,7% selon les prévisions du FMI. Pourquoi ? La croissance de la consommation privée devrait ralentir, et l’impulsion venant de l’investissement privé lié aux Jeux Olympiques de 2020 serait compensée par une augmentation des importations et la diminution prévue de la croissance de la demande extérieure. Ce qui justifie la poursuite du soutien monétaire par la BoJ l'an prochain.
La divergence de politique monétaire des deux côtés de l'Atlantique devrait par ailleurs booster le billet vert en 2018, après avoir perdu près de 15% contre l'euro cette année. Le fait que la Fed pourrait accélérer le resserrement des taux et que la BCE ne touchera pas aux siens avant 2019, tandis que la BoJ maintiendra le statu quo, sera favorable à une hausse du dollar, qui pourrait atteindre 1,10 contre l'euro et 120 contre le yen.
Dans un tout autre domaine, les experts de Capital Economics prévoient également une explosion de la bulle immobilière au Canada l'an prochain, ce qui devrait sensiblement peser sur le PIB du pays, qui passerait de 3% à 1% en 2018 (le FMI est un peu plus optimiste et table quant à lui sur une hausse de 2,1%).
La Chine, dont le risque de hard landing semble s'être éloigné par rapport en 2015, devrait connaître une poursuite du ralentissement de son économie, autour de 6,5% selon l'institut de recherche, sans pour autant que cela n'affecte outre mesure la conjoncture mondiale. Les experts prévoient également une croissance plus forte qu'anticipée au Brésil et en Russie, les deux pays étant sortis de récession cette année, et possédant encore de nombreuses capacités de production inutilisées, qui pourraient booster leur croissance l'an prochain. Côté pétrole, le baril pourrait redescendre aux alentours de 55 dollars, en raison de la remise en production d'exploitations de schiste aux Etats-Unis, et alors que la demande chinoise devrait ralentir.
Enfin, dernière thématique qui devrait commencer à faire parler d'elle à partir du milieu de l'an prochain, le début du retournement de cycle. Si 2018 constituera a priori une bonne année pour la conjoncture mondiale, la plupart des économies avancées auront atteint le pic de leur cycle économique au début du troisième trimestre 2018, alors que la croissance de l'emploi commencera à ralentir et que les banques centrales retireront progressivement leur soutien. "Les Etats-Unis sont les plus susceptibles de connaître une récession au cours de l'année 2019 ou 2020 mais nous anticipons aussi un ralentissement de l'économie en zone euro", conclut Capital Economics... Mais au jeu des prévisions, il est souvent difficile de se démarquer à moyen terme, tant les facteurs géopolitiques, difficiles à anticiper, peuvent influencer le cours de l'économie mondiale.
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