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Macro-économie / Taux / Macro-économie / Politique monétaire

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Ces économistes opposés à une hausse des taux de la Fed

Plusieurs analystes estiment que la présidente a trop tardé à relever ses taux, alors qu'elle devrait procéder au premier resserrement depuis sept ans la semaine prochaine. Selon eux, la Fed aurait dû réagir dès le début du cycle de reprise américaine.
Madame Yellen présidente de la Fed
Madame Yellen présidente de la Fed

Les marchés auront les yeux rivés sur la Fed en fin de semaine prochaine, alors que sa présidente Janet Yellen devrait enfin annoncer le premier relèvement des taux directeurs, pour la première fois depuis sept ans. Initialement prévu pour le milieu de l’année 2015, le resserrement avait finalement été décalé en raison de statistiques moins bonnes qu’anticipé en début d’année. Les derniers chiffres de l’emploi ont conforté les investisseurs dans l'idée que la présidente ne retarderait cette fois plus sa décision.

Pour certains analystes cependant, celle-ci arrive trop tard par rapport au cycle économique du pays. Ainsi, selon Patrick Artus directeur de la recherche et des études de Natixis, les Etats-Unis commencent à montrer des signes de fin d’expansion, après six années de croissance : la profitabilité des entreprises recule, de même que leurs perspectives d’investissement, tandis que leur taux de défaut progresse. « Cette remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis va débuter, alors que l’expansion se rapproche de sa fin et qu’on ne voit aucun signe de hausse de l’inflation », explique Patrick Artus. Selon lui, la Fed aurait dû remonter ses taux après deux ou trois années d’expansion comme lors des autres cycles économiques, en 1987 ou 2004 par exemple.

Même son de cloche pour Paul Jackson, directeur de la recherche chez le fournisseur d’ETF Source. Dans une lettre fictive adressée à la présidente de la Fed, l’économiste lui enjoint de ne pas remonter ses taux. « Avec une croissance du PIB de 4% en moyenne sur les 5 dernières années, on peut considérer que tu as hérité et as maintenu une politique monétaire très accommodante », lui écrit l’économiste. « Et je comprends que ta hantise de reformer une bulle comme celle de 2008 t’ait amené à la plus grande prudence dans tes décisions de politique monétaire ». Mais déplore Paul Jackson dans le courrier, « l’économie s’est normalisée et non ta politique ». Selon lui, le resserrement aurait dû débuter dès le milieu de l’année 2009, où les indicateurs manufacturiers ont commencé à se reprendre, de même que la production industrielle. « Aux Etats-Unis, la récession a été brutale mais beaucoup plus rapide qu’en Europe et a eu un impact psychologique très fort, qui a entraîné une grande prudence de la part de la Fed, alors que les indicateurs économiques justifiaient de remonter les taux », explique-t-il. Selon lui, au moment où la Fed aurait pu et dû agir, la crise de la zone euro battait son plein et le président Ben Bernanke a donc préféré ne pas ajouter de volatilité aux marchés.

Janet Yellen se retrouve donc désormais dans une situation difficile, puisqu’elle ne dispose plus de marge de manœuvre monétaire en cas de retour en récession l’an prochain, et risque dans le même temps de ralentir elle-même le rythme de croissance de son pays en resserrant sa politique monétaire.

Tous les analystes ne sont pas pour autant du même avis et le consensus table sur une remontée très graduelle des taux, qui ne devrait par conséquent que peu impacter l’économie et les marchés américains l’an prochain : selon Phil Poole, managing director et global head of research chez Deustche Asset and Wealth Management, la présidente de la Fed devrait ainsi remonter ses taux progressivement jusqu'en 2017, au moment où la croissance du pays pourrait effectivement ralentir; la présidente aura à ce moment-là de nouveau les moyens d’agir. « La présidente devrait parvenir à sortir du territoire des taux zéro, de façon à ne pas dérégler pour autant l’économie de son pays », conclut-il.

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