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Vincent Bolloré avance patiemment ses pions en Italie
Vincent Bolloré va-t-il opter pour un mariage ou un divorce à l’italienne ? L’homme d’affaires breton joue en tout cas une partie très serrée dans la péninsule, et vient d'emporter un nouvelle manche puisque grâce à sa majorité au sein du board, il a nommé Arnaud de Puyfontaine comme président exécutif de Telecom Italia. Le même jour lors de l'assemblée générale du groupe Bolloré, il a confirmé tout haut ce que tout le monde pensait tout bas : son fils Yannick, patron de l’agence publicitaire Havas sur laquelle Vivendi vient de faire une offre, a vocation à reprendre le flambeau de l’entreprise de médias et contenus, contrôlée par son père. Arnaud de Puyfontaine sera de son côté aux manettes de l’empire italien des télécoms et médias.
La concurrence risque de faire rage dans la botte italienne, où Free a prévu de s’installer. « Xavier, j’ai beaucoup d’admiration pour lui, mais il va faire ce qu’il faut pour prendre une grosse part de marché (…) C’est un garçon intelligent, agile et efficace, donc il va réussir. Il faut résister à cela », a ainsi reconnu Vincent Bolloré devant ses actionnaires. Pour l’instant, Arnaud de Puyfontaine a des missions délicates en vue chez Telecom Italia : la poursuite du redressement financier engagé par son prédécesseur et l’investissement massif dans les réseaux afin de déployer la fibre optique où il compte investir 5 milliards d’euros pour apporter la 4G au plus grand nombre des abonnés italiens.
Mais la mission ultime de Vincent Bolloré est bien celle d’une consolidation des télécoms et médias en Europe, à travers ces deux têtes de pont : France et Italie. Vivendi a d’ailleurs remporté une manche lorsque la Commission européenne a donné mardi son feu vert au rachat de Telecom Italia, sous condition de cession de sa part dans Persidera. Mais il est confronté pour l’instant à un obstacle plus puissant que lui : Silvio Berlusconi, qui lui tient tête chez Mediaset, dont il contrôle près de 30% et qui l’a poursuivi en justice pour non respect de ses engagements initiaux.
Le régulateur italien des télécoms, l’Agcom, a sans surprise fait jouer la préférence nationale puisqu'il lui a intimé de réduire sa participation dans Mediaset ou Telecom Italia, en raison d’une possible position dominante, qui risquerait d’impacter les prix. Vivendi a indiqué sa volonté de faire appel et compte faire entendre sa voix, afin de garder son avance dans la consolidation européenne des télécoms.
« Nous allons défendre nos positions, mais on recherche le dialogue », a ainsi indiqué le milliardaire breton ce jeudi, faisant valoir que « la taille de Vivendi peut aider au développement de Mediaset ». L’ancien homme d’Etat italien ne semble pas vraiment sensible à ces arguments : Fininvest, le holding de contrôle familial de Mediaset, a encore acheté 1,2% du capital entre le 20 avril et le 11 mai et pointe désormais à 39,5% du capital de l’opérateur italien. Mais dans son épopée italienne, Vincent Bolloré a probablement déjà plusieurs coups d’avance pour parvenir à ses fins.
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