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Montée en puissance des petits actionnaires de SoLocal
Nouvel épisode de la série « SoLocal va mal ». Désormais, les actionnaires passent à l’offensive. Le regroupement de petits porteurs, RegroupementPPLocal, a en effet envoyé hier une lettre à l’AMF, demandant à l’autorité de marché d’ouvrir une enquête. L’AMF avait déjà été alertée en février sur la communication du management de SoLocal, les actionnaires le soupçonnant d’agir pour faire baisser le cours du titre en dessous de sa valeur économique et ainsi permettre l’entrée d’un ou plusieurs nouveaux investisseurs à bas prix. Dans la lettre, les actionnaires rappellent l’historique des faits depuis l’augmentation de capital de mai 2014, posant plusieurs questions sur l’historique du cours et la communication « anxiogène ». Les actionnaires maintiennent donc les reproches : « l’information donnée par la gouvernance de la société, gouvernance qui implique la totalité des membres du conseil d'administration et la Direction générale de la société, a été volontairement orientée pour permettre l'entrée d'un ou plusieurs nouveaux investisseurs sur la base d'un prix de l'action totalement déconnecté de la valeur économique réelle de celle-ci ». D’ailleurs la réponse de Jean-Pierre Rémy, directeur général de SoLocal a été claire : il a admis avoir mandaté Lazard pour trouver de nouveaux actionnaires.
Viennent ensuite les reproches sur la communication de la société lors de la présentation de son plan de refinancement, au début de l’été. Là encore, pour RegroupementPPLocal, la communication n’a été faite qu’à destination des futurs actionnaires. Ainsi, « les investisseurs trouvés par la Banque Lazard attendent probablement « l'arme au pied » de pouvoir souscrire ce qui ne sera pas souscrit par les actionnaires individuels ». Car ces derniers pourraient ne pas participer à la future augmentation de capital. De même, les porteurs de parts actuels relèvent-ils un traitement différent : « le comité consultatif des actionnaires, créé ad hoc en mars dernier, n'a même pas été consulté sur les grandes lignes de ce plan !!! ». Par ailleurs, le traitement des actionnaires-créanciers semble les avantager par rapport aux autres. En conclusion, « nous comprenons parfaitement qu'il n'appartient pas à l'AMF de s'impliquer dans le choix de telle ou telle solution financière. En revanche la manipulation de l'information, son manque de transparence, l’inégalité de traitement entre les actionnaires au niveau de cette information, la prise de contrôle déguisée à un prix totalement déconnecté de la réalité économique, sont sans doute des sujets qui, concernant SoLocal Group, devraient interpeller vos Services ». L’AMF pourrait ainsi entrer en lice en ouvrant une enquête.
Quelques jours plus tôt, les actionnaires s’étaient déjà manifestés afin de participer aux négociations avec les créanciers. Dans une lettre adressée à Helène Bourbouloux, mandataire ad hoc, l’association s’interroge sur la rapidité avec laquelle le plan a été approuvé par elle ainsi que sur la valorisation et l’utilisation de la prochaine augmentation de capital. « Voilà, chère Madame, tout un ensemble de points sur lesquels je croyais que votre nomination en remplacement de Monsieur Abitbol, permettrait de se pencher », ce qui semble ne pas avoir été le cas. Dans une deuxième lettre adressée à Jean-Pierre Rémy, directeur général de SoLocal, les petits actionnaires s’étonnent de ne pas avoir été consultés alors que d’autres avaient donné leur accord au nouveau plan de restructuration de la dette. C’est pourquoi « nous souhaitons participer aux discussions sous l'égide du mandataire ad hoc nommé par le Tribunal de Commerce à votre demande et dont vous avez fait la publicité, pour être l'interlocuteur du management et des créanciers dans le but de trouver une solution constructive et créatrice de valeur, tant pour la société que pour les actionnaires, et qui puisse être approuvée par une Assemblée Générale ».
C’est pour cela qu’un groupe représentatif de 5 actionnaires individuels a été constitué, regroupant des gens d’expérience : Jacques-Henri David, ex président de Deutsche Bank en France ; Arnaud Marion, spécialiste des situations de crises, des opérations complexes, des restructurations et des transitions stratégiques ; Loic de la Cochetière 18 ans de direction générale ou de redressement d’entreprises ; Alexandre Loussert, Président de l’association RegroupementPPLOCAL et Roland Wolfrum , ancien banquier d’affaires chez Goldman et ex DAF de LDC. Autant d’interlocuteurs capables de comprendre les discussions qui pourraient s’engager avec le management et les créanciers. « Nous prenons très au sérieux cette restructuration et réprouvons la méthode qui est la vôtre. Notre but est que la restructuration qui sera présentée en Assemblée Générale puisse être définitive, réaliste, approuvée par les actionnaires et ne se fasse pas à leur détriment », conclut la lettre. Assemblée Générale qui avait été repoussée en juin dernier sans raisons particulières et qui doit se tenir avant le 30 septembre. A ce jour aucune convocation n’a été envoyée.
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