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Sur les marchés / Private equity

Les fonds de private equity font tourner leurs actifs d'avant-crise

PAI Partners et KKR ont cédé des blocs Kaufman & Broad et Tarkett en Bourse, tandis qu’Eurazeo et LBO France ont lancé la vente de Foncia et Consolis. S’ils ont des capitaux, les fonds doivent aussi monétiser leur portefeuille pour satisfaire les LPs.
Maison Kaufman & Broad
Maison Kaufman & Broad

Les levées de fonds du private equity sont restées dynamiques en Europe au premier trimestre selon Preqin, qui prévoit que les collectes dédiées au Vieux Continent devraient dépasser les 71 milliards d’euros de 2015 cette année. Cela n’empêche pas les fonds de devoir montrer leur capacité à créer de la valeur, et surtout la monétiser auprès de leurs investisseurs avant de leur demander de nouvelles enveloppes. Ce qui est le cas aussi bien pour des actifs achetés au pic du cycle avant la crise et qu’il a fallu conserver pour entrer dans ses frais, ou d’autres plus récents mais arrivés à maturité.

Ce mouvement s’est en premier lieu manifesté avec deux cessions de blocs de sociétés cotées par des fonds ces derniers jours. PAI Partners vient ainsi de placer sur le marché 39,04% du capital du promoteur immobilier Kaufman & Broad à 31,5 euros par titre, soit un total de 257 millions d’euros. Une opération qui pourrait être portée à 282 millions d’euros avec l’exercice intégral de l’option de surallocation, et gardera 39,6% des parts. L’actionnaire financier, qui était entré au capital de Kaufman & Broad en 2007 avec une offre au prix de 55 euros par action, est certes bien loin de rentrer dans ses frais et aura dû attendre près de neuf ans avant d’entamer son retrait. Il faut dire que le promoteur immobilier avait subi de plein fouet la crise financière et économique, qui avait vu son titre plonger à 5,5 euros début 2009 ! PAI Partners a donc fait le dos rond et su profiter de l’embellie du cours, qui a gagné 17% depuis le début de l’année à la faveur de prévisions optimistes pour 2016 et d’une politique de distribution en hausse.

Quelques jours auparavant, c’est KKR qui mettait en vente 5,8% du spécialiste des revêtements Tarkett pour 101,4 millions d’euros, et garde désormais 15,7% des parts de cette participation. S’il n’a pour l’instant pas dégagé une plus-value colossale, le fonds américain peut se targuer d’être rentré dans ses frais puisqu’il avait acquis le groupe en 2007 pour 1,8 milliard d’euros et l’a introduite en Bourse six ans plus tard, pour la même capitalisation boursière. Et étant donné que le titre est revenu à son niveau d’introduction il y peu de temps, il est sorti peu ou proue au même niveau, nonobstant une décote de 8% pour ce placement.

Outre la Bourse, les fonds ont aussi à cœur de sortir des actifs non cotés acquis avant la crise et qui vieillissent dans leurs portefeuilles. C’est actuellement le cas de LBO France, qui a placé un mandat de vente sur Consolis, le fabricant de préfabriqués en béton racheté fin 2006 et lui avait coûté près d’1 milliard d’euros. Mais celui-ci a rapidement croulé sous le poids de sa dette avec l’essoufflement de l’activité, et a dû subir deux restructurations financières, en 2011 et 2013, aux termes desquelles l’actionnaire a accepté de remettre 80 millions d’euros de new money. S’il n’enregistrera pas un TRI record, LBO France pourra au moins placer derrière lui cette difficile participation cyclique.

Enfin Eurazeo, qui s’est largement restructuré en différentes activités ces dernières années (Eurazeo PME, Croissance, Capital etc), et Bridgepoint ont eux aussi entrepris de se désengager de l’administrateur de biens Foncia, dont le mandat a été confié à Rothschild. Repris à BPCE pour 1 milliard d’euros à l’été 2011, la société a depuis bien progressé et les actionnaires n'en attendraient pas moins de 2 milliards d’euros. Mais cela ferait ressortir un multiple de 16 à 17 fois l’Ebitda, un prix considéré comme trop élevé par Nexity, l’acheteur naturel de cet actif, malgré le bon niveau de rentabilité de la cible. Mais d’autres fonds d’investissement, très bien pourvus en liquidités grâce à des levées de fonds élevées et un « dry powder » record, pourraient aussi venir faire monter les enchères.


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