Private Equity / Private equity
Private Equity
Private equity
Neiman Marcus : après dix ans de LBO, la Bourse pour le meilleur?
Neiman Marcus, la chaîne de magasins de luxe née en 1907 et connue pour le mythique Bergdorf Goodman de la Cinquième Avenue, veut tenter à nouveau de frapper à la porte de la Bourse. Le groupe a enregistré un document auprès de la SEC, indiquant qu’il préparait une IPO avec pour objectif de lever 100 millions de dollars, mais n’aurait pas mandaté de banque d’affaires pour le moment.
Ce n’est pas la première fois que le groupe, sorti de la cote lors d’un LBO de 5,1 milliards de dollars orchestré par TPG Capital et Warburg Pincus en 2005, annonce un projet de retour en Bourse. Il y a deux ans, les deux actionnaires avaient lancé un dual track et annoncé une introduction en Bourse, avant qu’une offre à 6 milliards de dollars (soit 9,5 fois son Ebitda) de la part d’Ares Management et du fonds de pension canadien, Canada Pension Plan Board, ne les fasse changer d’avis. Les cédants avaient alors enregistré un confortable multiple de 2,5 fois leur mise
Aujourd’hui, l’environnement est plus favorable que jamais pour les acteurs américains du luxe, un marché qui devrait croître de 4,1% en Amérique du Nord, contre 3,6% dans le monde. De son côté Neiman Marcus a publié un chiffre d’affaires en hausse de 4,1% à 4,84 milliards de dollars lors du dernier exercice clos fin juillet 2014, et une perte nette de 147,2 millions de dollars. La société exploite 41 magasins en propre dans le pays, dont deux Bergdorf Goodman, et a indiqué qu’elle souhaitait utiliser les fonds levés pour rénover 51% de ses antennes. Elle a également pour but de rembourser une partie des 7,4 milliards de dollars de dette contractée lors du LBO.
Ce projet d’IPO ira-t-il jusqu’au bout cette fois-ci ? La messe n’est pas dite, dans la mesure où les fonds de private equity regorgent de cash après avoir engrangé des sorties, et peuvent compter sur des financements accessibles et peu coûteux. Les sorties en Bourse de LBO ont d’ailleurs moins la cote cette année, puisqu’on dénombre 34 opérations pour un total de 8,5 milliards de dollars depuis le début de l’année, contre 47 deals pour 20,7 milliards de dollars l’an passé à cette époque, selon Dealogic.
Pourtant, les vies boursières des anciens méga LBO se passent plutôt bien. La plus importante opération de ce type des cinq dernières années a été l’IPO du groupe hospitalier HCA Holdings en 2011, pour un total de 4,3 milliards de dollars, et le cours a depuis quasiment doublé. Même chose pour Hilton, la participation de Blackstone qui a levé 2,7 milliards de dollars fin 2013 et a gagné 20% depuis. Le sentiment se confirme également pour les sorties en Bourse de groupes de luxe, à l’instar de Jimmy Choo qui a progressé de 22% à la Bourse de Londres depuis son IPO d’octobre 2014. Ou encore Moncler, en hausse de 30% à Milan depuis octobre 2013, et Samsonite, qui s’adjuge 81% depuis son IPO de juin 2011 à Hong Kong. Une chose est sûre : si les fonds de private equity veulent garder cette icône du luxe privée, il faudra y mettre le prix.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

