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Brexit : les membres du G20 font pression sur Theresa May
La Premier ministre britannique commence déjà à reculer, une semaine à peine après sa réunion de cabinet de rentrée, où elle avait tenu un discours de fermeté à l'égard des Etats européens, faisant savoir notamment qu'elle rétablirait le contrôle des citoyens de l'UE arrivant sur le territoire britannique. Les avertissements des dirigeants japonais et américains hier à son égard au sujet des négociations sur le Brexit, peu de temps avant l'ouverture du G20, ont effectivement sonné comme un rappel à l'ordre pour Theresa May. Qui devra prendre en compte la volonté des Brexiter lors des négociations avec l'UE mais également de ses principaux partenaires commerciaux, si elle ne veut pas que son pays perde sa place dans les échanges internationaux.
Le Président Barack Obama lui a effectivement rappelé hier soir que les négociations commerciales post-Brexit de la Grande-Bretagne avec son pays resteraient "en bout de file" de ses priorités et qu'il était pour le moment concentré sur un accord de plus grande ampleur avec l'UE. Le Président a également déclaré que les liens commerciaux et financiers entre les deux pays pourraient se détériorer si les négociations sur le Brexit n'étaient pas menées "avec précaution".
Même type d'avertissement de la part du Japon qui, même s'il représente un partenaire commercial du Royaume-Uni bien moins conséquent que l'UE (l'Allemagne est le premier partenaire du pays en termes d'exportations) et les Etats-Unis (deuxième place), est en revanche un très important investisseur sur le territoire britannique. Or le ministère des affaires étrangères japonais a hier publié sur son site un texte adressé à la Grande-Bretagne signalant que les banques et entreprises nippones installées sur l'île outre-Manche pourraient quitter le continent "si le deal négocié par Theresa May ne lui permet pas de conserver ses droits actuels", et notamment son accès au marché commercial européen. L'ambassadeur japonais à Londres Koji Tsurukoa a tempéré ces propos en précisant que toutes les entreprises ne quitteraient pas la Grande-Bretagne mais que "toutes les options seraient ouvertes pour leur permettre d'élargir leur business si les conditions d'exportations du Royaume-Uni vers l'UE se dégradaient".
La Premier ministre britannique a visiblement bien compris le message et immédiatement mis de l'eau dans son vin au sujet de l'épineuse question de l'immigration. Lundi dernier, elle avait affirmé qu'elle souhaitait davantage contrôler les citoyens européens qui arriveraient sur son territoire, remettant ainsi en cause l'un des trois piliers sur la liberté de circulation de l'UE. Les Etats européens de leur côté ont déclaré que Theresa May ne pourrait continuer à accéder au marché des biens et services librement tout en établissant sa propre politique d'immigration. Elle a finalement commencé à faire demi-tour hier en déclarant que les citoyens de l'UE conserveraient un accès privilégié sur le territoire britannique, rejetant une politique trop radicale sur le sujet. La Premier ministre a notamment déclaré à la BBC qu'elle n'appliquerait pas le système de points à l'australienne, permettant aux plus qualifiés d'accéder plus facilement au Royaume-Uni.
Une position qui a immédiatement fait réagir les partisans les plus durs du Brexit : le leader de UKIP Nigel Farage a estimé que si la Premier ministre ne respectait pas les promesses de campagne sur le Brexit, elle serait punie par les électeurs lors des prochaines échéances de vote. Les lobby pro-Brexit Leave EU et Vote Leave prônaient tous deux un système d'immigration à l'australienne. Mais la Premier ministre sait désormais que cette position nuira non seulement aux relations commerciales de son pays avec l'UE mais également avec d'autres partenaires importants. Lors d'une interview hier à la BBC, Theresa May a ainsi affirmé : "je crois qu'il est important que nous soyons très clairs sur le fait que nous exigerons que le statut des citoyens britanniques dans l'ensemble des Etats de l'UE soit garanti, comme je ferais le nécessaire pour garantir le statut des européens qui résident ici". Une politique pragmatique de donnant-donnant donc, qui devrait prévaloir pour l'ensemble des sujets abordés pendant les négociations.
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