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Kering, à l'aube d'une nouvelle vie
Ce qu’a annoncé Kering hier soir est d’une importance primordiale pour l’avenir de l’ex-PPR qui, rappelons-le, a commencé sa vie avec des entreprises dans le bois-papier mais aussi avec la reprise du Printemps et de La Redoute. Ironie de l’histoire d'ailleurs, ce sont les Galeries Lafayette qui viennent de reprendre la célèbre marque française de vente par correspondance.
En distribuant à ses actionnaires l’essentiel de sa participation dans l'équipementier sportif allemand Puma, François-Henri Pinault se met effectivement en ordre de marche pour devenir un "pure player" du luxe, tout en gratifiant ses actionnaires, -dont Artemis au premier chef- de titres Puma susceptibles de prendre de la valeur. Comme il l’avait fait pour la FNAC qui, à l’époque, ne suscitait pas les vocations de la part d’éventuels repreneurs, Kering a donc choisi la voie de la scission et de la distribution gratuite à ses actionnaires. Il est ainsi question de distribuer en nature 70% environ du total des actions Puma en circulation sur les 86,3% qu’il détient au total. La participation d’Artemis dans le distributeur allemand devrait monter à près de 30% et celle du flottant à 55%.
Si cette opération (conseillée par les boutiques d'Angelin & Co et Rothschild côté Kering et JP Morgan côté Puma) est si structurante c’est surtout parce que dorénavant Kering pourra concentrer ses efforts sur le seul développement de ses participations dans le luxe. Les marges nettes de ce segment ne sont effectivement pas les mêmes que celles de la distribution spécialisée : quand celles de Puma totalisent 6%, elles atteignent facilement 19% dans le luxe. Et lorsque l’on compare les PER des uns et des autres, force est également de constater que les investisseurs sont particulièrement accros aux "pure players". Comme en témoignent les ratios présentés par Hermès, le sellier culminant actuellement à 34 fois ses profits 2017.
Ce vendredi, l’action Kering affiche pourtant un léger repli de 1,2%. Mouvement sans doute motivé par la volonté pour certains de prendre quelques bénéfices. Car il faut voir que depuis la mi 2016, le parcours du titre affiche un sans faute avec une courbe ascensionnelle assez impressionnante. Il est ainsi passé de 144 euros à plus de… 404 euros ce jour ! De l’avis des analystes spécialistes du secteur, Kering est dorénavant très bien placé pour faire partie des majors mondiaux du luxe et la Bourse devrait continuer à plébisciter l’entreprise à court, moyen et long terme. Et ce, d’autant plus que la conjoncture actuelle est très favorable à cette activité, la seule ombre susceptible d’atténuer les performances se situant au niveau des changes.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

