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SoLocal pourra poursuivre son activité
Une nouvelle étape s’ouvre pour SoLocal, qui a vu son plan de restructuration financière validé hier en assemblée générale. Un vote intervenu après une réunion d’actionnaires encore une fois assez épique, qui jusqu’au bout a fait durer le suspense. Avant même l’ouverture de séance un bruit circulait selon lequel Nicolas Miguet, plutôt connu pour son rôle d’agitateur dans les entreprises (Eurotunnel, surtout) et ses déboires dans l’affaire Belvédère, détenait 1,2 million d’actions, soit près de 2 à 3% des droits de vote. L’inquiétude se lisait alors chez les salariés venus en nombre, écharpe bleu turquoise autour du cou comme un objet de ralliement derrière leur société. A 16h, Robert de Metz, président du groupe, ouvre donc la séance, en nommant un représentant d’Edmond de Rothschild AM et Vincent Loussert, président de l’association RegroupementPPLocal, comme scrutateurs. Il se lance ensuite dans un exercice confus de réponse au « say on pay » de la dernière assemblée générale qui avait rejeté les rémunérations versées au titre de l’année 2015 à son directeur général, Jean-Pierre Remy, son directeur générale adjoint Christophe Pingard et à lui même. Il précise, qu'après analyse, les rémunérations des deux premiers sont revues à la baisse mais pas la sienne, largement inférieure à celle de ses pairs. Fin du premier acte.
Viennent ensuite, les explications du plan, avec de multiples tableaux compliqués . La parole est ensuite donnée à Hélène Bourbouloux, mandataire social, afin d’expliquer le scénario possible en cas de rejet du plan. Elle assure que « même si les motifs sont discutables », les créanciers ont tout à fait le droit de lancer une procédure accélérée qui entraînerait la mise en redressement judiciaire. Ce qu’ils ont fait la veille avec déclenchement automatique si le projet est rejeté. Elle explique ensuite les différentes modalités et l’agenda qui pourrait suivre pour SoLocal et les créanciers. On sent qu’elle est mécontente de l’évolution que prennent les choses et demande donc aux créanciers de bien vouloir s’exprimer. Elle demande donc à Olivier Tortessa, de chez Amber Capital, représentant des créanciers qui portent 45% de la dette, de venir s’exprimer sur l’estrade. Il commence par expliquer tous les efforts consentis depuis 2013 (date d’entrée d’Amber) par les créanciers. Puis continue, lucide : « Oui la société est en grande difficulté financière et si le plan n’est pas accepté, elle ne générera plus de cash en 2017". Silence dans la salle.
Robert de Metz reprend alors la parole et demande à Benjamin Jayet et Didier Calmels, les deux actionnaires frondeurs de venir s'expliquer. Ce qu'ils font dans la plus grande confusion d'une salle excédée.
Vient ensuite la séance de questions-réponses. Nicolas Miguet, prend la parole le premier et confirme qu’il détient bien, avec son association ARARE, 1,2 million de titres. Il pose des questions sur un potentiel plan de licenciement et sur les ventes à découvert sur le titre. Vient ensuite Beaudoin de Pimonan, sifflé par la salle, qui revient sur le plan proposé, offrant même une autre piste de réflexion à la direction et démontrant le rôle qu’il pourrait jouer s’il était élu administrateur. Puis vient le tour d’une salariée, qui s’adresse à Jayet, sur l’avenir de la société si son plan était adopté. L’intéressé reprend la parole, mais est vite coupé par des sifflets qui ont le don de l’énerver. Le ton monte avant qu’il ne laisse le micro sans avoir répondu aux questions. Cette séance de questions-réponse se termine par une nouvelle intervention de Nicolas Miguet, qui demande à la direction un engagement de sa part, sur une compensation en cas de prochaine augmentation de capital. Robert de Metz s’engage tout de suite, alors que Jean-Pierre Remy s’entretient avec la directrice financière, avant de confirmer son engagement. Tout le monde sait dans la salle qu’à ce moment là, Nicolas Miguet va voter pour le plan. Reste à savoir si les autres actionnaires suivront.
Vient donc l’heure du vote, le quorum atteint 50,13%. Pour rappel, le vote se fait à la majorité des 2/3, soit 66%, et il suffit du rejet d’une résolution concernant le plan pour que l’ensemble du plan soit rejeté. La première résolution porte sur le coup d’accordéon du capital social. Résultat des votes : 64,74%. C’est terminé, le plan est rejeté. Mais Robert de Metz, qui regarde en coin Nicolas Miguet, demande à ce que la résolution soit revotée, les scrutateurs ayant indiqué que « certaines personnes n’ont pas compris le fonctionnement du boitier »… La première résolution repart au vote avec un résultat beaucoup plus acceptable pour le plan : 66,95%. Les autres résolutions sont votées entre 72% et 73%. Le plan est donc validé par les actionnaires. C’est une explosion de joie dans la salle, tout le monde applaudit, se congratule. Sur l’estrade, Jean-Pierre Remy se lève, les larmes aux yeux et applaudit lui aussi ses salariés, qui le soutiennent depuis toujours, pendant que Christophe Pingard pleure de joie. Après 10 minutes de liesse, Robert de Metz remercie les actionnaires et passe au vote des autres résolutions, celles présentées par les frondeurs, qui sont sans surprise toutes rejetées. Tout le monde sait alors que c’est le vote de Nicolas Miguet, d’ailleurs remercié par Jean-Pierre Remy, qui a fait basculer le vote. De leur coté, les frondeurs se sentent trahis, pensant qu’il leur apporterait son soutien. Reste qu’une fois encore cette assemblée générale restera dans les annales et il est fort à parier que les frondeurs, notamment Didier Calmels, ne s’arrêteront pas là.
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