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Airbnb, la start-up qui valait (vraiment) 31 milliards de dollars

Le site d’hébergement entre particuliers a levé 1 milliard de dollars lors d’un sixième tour de table, qui le valorise à 31 milliards. La start-up, qui est devenue rentable l’an passé, affiche un modèle bien plus sain et pérenne que les autres (ex)-licornes, Uber et Snap.
Airbnb - Brian Chesky
Airbnb - Brian Chesky

Pour le lancement de sa nouvelle plateforme « Trips » il y a quelques jours, l’Américain Airbnb n’avait pas choisi par hasard Paris, haut-lieu du tourisme mondial et deuxième destination de ses utilisateurs après les Etats-Unis. Le co-fondateur du site d’hébergement entre particuliers, Nathan Blecharczyk, a insisté sur la sécurité du pays et ainsi contredit Donald Trump, qui avait lancé entendre le mois dernier que son ami Jim n’allait plus dans la capitale française car « Paris n’est plus Paris ».

L’Américain, qui a aussi été critiqué pour les utilisations illégales à fin commerciale des logements dans Paris, a donc voulu conforter ce marché, alors qu’il bouclait simultanément une sixième levée de fonds. Airbnb a ainsi collecté 1 milliard de dollars auprès d’une quarantaine d’investisseurs non identifiés, emmenés par Google Capital et Technology Crossover Ventures, selon un document envoyé à la SEC. Si la valorisation n’a pas été communiquée, les rumeurs l’estiment à 31 milliards de dollars. Ce sixième tour de table porte à 3 milliards de dollars les montants levés au total par le groupe dirigé par Brian Chesky depuis sa création, en 2008. Mais à l’instar des autres stars de la Silicon Valley, le groupe est très prudent dans la gestion de son cash, et n’aurait utilisé que 300 millions de dollars sur ce trésor de guerre.

Cette valorisation le place dans le peloton de tête des licornes les mieux valorisées au monde, certes loin derrière Uber qui culmine à 68 milliards de dollars après son dernier tour de table, sans avoir encore atteint le point mort. Et il est même inférieur aux 34 milliards de dollars de capitalisation boursière qu’a atteint Snap lors de son IPO, alors que l’application mobile essuie une baisse de la croissance de ses utilisateurs et a perdu plus de 500 millions de dollars l’an passé. A côté, Airbnb fait figure de bon élève : l’an passé, ses revenus étaient estimés à 1,7 milliard de dollars et il a franchi le point mort, avec environ 100 millions de dollars d’Ebitda, selon Bloomberg. Et le rythme de croissance est toujours aussi dynamique, puisqu’il attend 4,5 milliards de dollars de revenus en 2017, pour un Ebitda de 450 millions, et même 8,5 milliards de chiffre d’affaires à l’horizon 2020.

Le site dédié aux particuliers a réussi à s’imposer comme une alternative crédible aux hôtels, qui ont engagé un lobbying acharné pour les requalifier. L’industrie vient ainsi de publier une analyse du fonctionnement du site démontrant qu’il s’agit plus d’une offre de locations à courte durée que d’une plateforme collaborative. Airbnb fait également face à la riposte des villes pour lutter contre les logements utilisés à des fins commerciales, ce qui constitue un risque légal important pour son avenir.

Malgré cela, le groupe basé à San Francisco évolue dans un secteur moins concurrentiel qu’Uber et veut aujourd’hui se diversifier en développant une offre de services complets, allant des billets d’avion, de la réservation de restaurants ou de voitures, ou même de guides et expériences locales, avec « Trips ». En attendant, Airbnb a les moyens de ses ambitions et n’a pas encore de calendrier précis pour une future IPO, qui l’obligerait à révéler tous ses détails financiers et le rendrait encore plus vulnérable aux attaques du lobby hôtelier. « Pour vivre heureux, vivons cachés » devrait donc être son dicton à court terme, au grand dam des investisseurs.


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