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Kering devient aujourd'hui un pure player du luxe

La distribution d'actions Puma auprès des actionnaires de Kering intervient ce jour. Un spin-off promis à un avenir plutôt flatteur, et pour le groupe de luxe qui s'apprécie déjà de 30% depuis le début de l'année, et pour la firme allemande qui, dorénavant dotée d'un vrai flottant, est déjà très entourée en Bourse pour atteindre aujourd'hui 442 euros contre 330 euros à l'annonce de l'opération.
François Henri Pinault, Dg de Kering
François Henri Pinault, Dg de Kering

C’est aujourd’hui qu’intervient la distribution auprès des actionnaires de Kering des actions Puma détenues par le groupe de luxe. Un spin-off annoncé au mois de janvier dernier et qui intervient après celui déjà réalisé sur les actions FNAC en 2013. Cette façon de récompenser ses actionnaires est plutôt bien vue par tout le monde, les investisseurs estimant, eux aussi, que c’est là une opération gagnante à plus d’un titre.

D’abord parce qu’elle permet à Kering de se concentrer dorénavant sur le seul créneau de produits de luxe, très porteur depuis plus de 2 ans, ensuite parce qu’elle offre la possibilité à Puma d’être à la tête d’un flottant digne de ce nom et de devenir une belle valeur moyenne de la Bourse allemande.

Les marchés en sont d’ailleurs tellement convaincus que le groupe de vêtements de sports a vu son cours de Bourse s’envoler entre janvier et aujourd’hui. S’il valait 330 euros lors de l’annonce du projet de spin-off il cote ce jour… 440 euros (avec une hausse du jour proche de 6%).

« On a là un exemple manifeste de création de valeur à tous les étages, analyse un banquier d’affaires. Kering peut dorénavant se concentrer sur ce qui lui rapporte le plus, à savoir le luxe, et Puma qui était perdu dans le groupe de François-Henri Pinault dispose dorénavant d’un énorme potentiel ».

L’opération permet en effet de doper encore un peu plus le cours de Bourse de Kering qui, après avoir déjà enregistré l’une des plus belles performances l’an passé, gagne encore 30% depuis janvier 2018 pour franchir le seuil des 470 euros aujourd’hui et 60 milliards d’euros de capitalisation boursière.

Les distributions gratuites d’actions de filiales auprès des actionnaires ont eu leur heure de gloire avant de se raréfier ces dernières années. Il faut dire que ces opérations ne sont pas toujours gagnantes, surtout lorsqu’elles sont motivées par l’incapacité de vendre la filiale en question (ce qui fut le cas pour Arkema avec Total en 2006). Idem pour la scission ArcelorMittal/Aperam en 2011. Mais il y a aussi les spin-off réussis, comme cela a été le cas pour celui de la FNAC ou d’Accor avec Edenred en 2011.

Rappelons que dans le cas de Kering/Puma, le premier a décidé de distribuer en nature 70% environ du total des actions Puma en circulation, sachant que le groupe de luxe en détenait 86,3%. A l'issue de l'opération, Kering conservera environ 15% de Puma alors qu’Artemis, qui détient 40,9% du capital de Kering, deviendra un actionnaire, normalement de long terme du groupe de vêtements de sport avec une participation d'environ 29%. Le flottant de Puma atteindra environ 55%.

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