Private Equity / Private equity
Private Equity
Private equity
Bain Capital boucle un trésor de guerre réduit de 40%
Le lendemain
de crise financière est ardu pour Bain Capital, qui selon les rumeurs devrait boucler
le closing final de son onzième fonds LBO d’ici à la fin du mois. Après près de
deux ans sur la route, le fonds a collecté 6 milliards de dollars, soit l’objectif
qu’il s’était fixé mais bien loin de l’enveloppe de 10 milliards de dollars qu’il
avait obtenue en 2008. Cet exemple montre bien que certains fonds ont révisé à
la baisse leurs ambitions, dans le contexte post-Lehman Brothers. Ainsi, KKR a
clôturé son fonds LBO à 9 milliards de dollars le mois dernier sur un objectif
initial de 8 milliards, alors même que son dernier véhicule avait plafonné à
17,6 milliards de dollars en 2008.
D’autres continuent
en revanche à viser très haut : c’est le cas d’Apollo, qui grâce à son
positionnement mixte en equity et dette (notamment sur le segment distressed),
a finalisé un fonds de 18,4 milliards de dollars en février. Avant lui, Carlyle
avait reçu une enveloppe de 13 milliards de dollars équivalente à son fonds de
2008, tandis que Blackstone a levé 16 milliards de dollars début 2012, certes
moins que le record absolu de 21,7 milliards obtenu en 2006. Aux Etats-Unis, la
classe d’actifs est scrutée à l’heure actuelle, alors que le député républicain
David Camp a introduit un projet de loi visant à revoir la taxation du carried
interest.
Surtout, le
marché semble avoir atteint une telle maturité, avec des fonds aux poches
pleines et un marché de la dette très peu coûteux, que les prix atteignent des
niveaux stratosphériques. Un emballement qui fait penser au pic de marché juste
avant la crise, si bien que les investisseurs doivent trouver des stratégies gagnantes.
A cet égard, l’Europe, où les prix restent encore raisonnables même si les
multiples grimpent, fait figure d’eldorado. Le patron de Terra Firma, Guy Hands,
déclarait ainsi le mois dernier que le redressement « solide » de
l’Europe fournissait des « opportunités uniques de faire faire beaucoup d’argent »
sur le continent. Et de conclure « l’Europe sera au centre du marché en
2014 ».
Bain Capital
est d’ailleurs en pointe sur le territoire où il vient d’acquérir –au nez et à
la barbe du français Atos- le groupe de services de paiement danois
Nets aux côtés d’Advent International, pour 2,3 milliards d’euros. Cette
transaction est également accompagnée par le fonds de pension danois ATP qui,
outre un ticket equity minoritaire, apporte un emprunt PIK de 440 millions d’euros,
qui permet de capitaliser les intérêts sur la dette plutôt que de les
rembourser, tout au long de la vie du prêt. Cette structure particulièrement
agressive, utilisée pour le refinancement de Ceva Santé Animale, fait débat car
elle ferait porter le risque du remboursement in fine de la dette sur l’entreprise
sous LBO.
C’est un
exemple atypique et nouveau, où un fonds de pension apporte un financement en equity
et en dette pour boucler la reprise d’un actif, aux côtés de deux fonds de
private equity. Les acteurs canadiens et danois se tournent vers ce type de
structure afin d’améliorer le couple risque-rendement, car l’emprunt PIK est
moins rémunérateur que l’equity, mais est remboursé avant elle en cas de
restructuration. Ces grands argentiers ont aussi de plus en plus les ressources
et l’organisation pour intervenir en direct, plutôt que de payer des
commissions importantes aux gérants en tant que Limited Partner.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

