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Pourquoi le pétrole ne devrait pas dépasser 65 dollars le baril en 2015

Une forte remontée de l’or noir est très peu probable, le break-even de l’essentiel des champs de pétrole de schiste américain tournant autour de 65 dollars. Le baril devrait se traiter autour de 50 dollars au premier semestre avant de remonter autour de 65 dollars boosté par la reprise de la croissance.
Forage pétrolier en Seine et Marne - pétrole
Forage pétrolier en Seine et Marne - pétrole

Le pétrole de Brent est brièvement passé sous les 50 dollars aujourd’hui et se traitait à 50,88 cet après-midi. La baisse du prix de l’or noir, qui a perdu plus de 50% depuis son point haut de juin constitue un véritable contre-choc pétrolier, d’une ampleur comparable à celui de 1986, selon les experts. Et devrait se poursuivre dans la première partie de cette année, en raison de l’excès d’offre par rapport à la demande. « La dépense mondiale de pétrole en pourcentage du PIB est passée de 5% à 2,5% », explique ainsi Mathieu Grouès Associé Gérant chez Lazard Frères Gestion, selon lequel l’excédent d’offre a atteint 3% par rapport à la demande. L’Arabie Saoudite ayant décidé de maintenir sa part de marché et de ne pas couper sa production à court terme, c’est donc l’évolution de l’offre de pétrole de schiste aux Etats-Unis qui sera déterminante pour évaluer les prix de l’or noir dans les prochains mois.

L’un des buts recherchés par l’OPEP en novembre, était de faire pression sur les Etats-Unis pour les inciter à diminuer leur production de gaz de schiste, puisqu’en dessous d’un certain niveau de prix, l’exploitation n’est plus rentable. Sauf que l’essentiel des champs de pétrole de schiste possèdent un break-even nettement inférieur à 80 dollars, d’où la dégringolade jusqu’aux niveaux actuels. « Les Etats-Unis disposent d’une douzaine de régions où est exploité le gaz de schiste, dont le break-even moyen tourne autour de 65 dollars le baril », explique ainsi Harry Tchilinguirian, stratégiste chez BNP Paribas. Sachant que plusieurs de ces champs de schiste possèdent un break-even encore inférieur, pouvant aller jusque 40 dollars le baril selon les spécialistes interrogés. « Le marché est en train de tâtonner pour trouver un prix d’équilibre entre l’offre et la demande. (…) Le coût d’équilibre devrait se situer autour du coût marginal de production du pétrole de schiste aux Etats-Unis, soit autour de 50 dollars le baril », explique encore l’analyste. Au cours des deux premiers trimestres, donc, l’or noir devrait se stabiliser autour des prix actuels, même si les petits producteurs indépendants américains pourraient décider d’accroître la production des puits où le break-even est encore plus bas.

Autre facteur qui devrait empêcher toute remontée des prix à court terme, le fait que les producteurs américains ont, pour la plupart, vendu à l’avance leur production en utilisant des instruments dérivés. « Les principaux producteurs indépendants sont ‘hedgés’ et ont donc déjà vendu leur pétrole à des niveaux bien supérieurs aux prix actuels (…). Du coup, le prix actuel du baril n’a pas d’incidence pour eux, pour le moment », poursuit le stratégiste de BNP Paribas. Il est donc peu probable que les estimations de croissance de l’offre de pétrole américain soient revues à la baisse, du moins sur la première partie de l’année.

Sur la deuxième moitié de 2015 en revanche, les prix pourraient légèrement repartir à la hausse, en raison d’une hausse de la demande. La baisse des prix de l’or noir en effet, constitue une injection de pouvoir d’achat énorme pour les consommateurs, ce qui devrait entraîner une révision des prévisions de croissance à la hausse. « L’impact de la baisse des prix du pétrole sera globalement très positif » explique encore Mathieu Grouès. Autre facteur qui pourrait tirer les prix à la hausse dans un deuxième temps, le fait que les pays fortement consommateurs de pétrole, tels que la Chine vont se constituer d’importantes réserves afin de profiter des prix bas. « La Chine a commencé à remplir ses cuves et cela finira par avoir une influence sur l’équilibre physique du pétrole », explique encore Harry Tchilinguirian. De 50 dollars le baril, le pétrole pourrait alors remonter autour de 65 dollars. Mais il ne devrait pas remonter au-delà selon le stratégiste.

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