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Brexit: l'un des principaux leaders travaillistes exige un second référendum
Le débat est de nouveau au centre des discussions politiques en Grande-Bretagne : le pays peut-il et doit-il de nouveau se rendre aux urnes, afin de se prononcer sur son appartenance à l'UE, deux mois exactement après que les citoyens aient voté en faveur d'une sortie ? C'est le député travailliste Owen Smith qui a remis le sujet sur la table en déclarant aujourd'hui qu'il empêcherait le déclenchement de l'article 50 du traité sur l'Union européenne permettant le retrait unilatéral d'un Etat, à moins que Theresa May n'organise un second référendum.
"Le camp du Leave a menti aux anglais : ils ont le droit d'avoir à nouveau la parole sur le sujet", a déclaré le député travailliste et potentiel successeur du leader Labour actuel Jeremy Corbyn. Quelques jours après les résultats du scrutin de juin, le chef du parti europhobe UKIP, Nigel Farage avait en effet admis qu'une des déclarations choc du camp du Leave était totalement fausse. Les défenseurs d'une sortie de l'UE ont en effet répété pendant toute la campagne que 350 millions de livres étaient versées toutes les semaine à l'UE et que ces fonds pourraient être redirigés vers le système de santé publique NHS. Un argument qui avait convaincu beaucoup d'anglais, devant le besoin énorme de financement des hôpitaux publics du pays. Selon Owen Smith, personne ne sait quelles seront les conséquences d'une véritable sortie : "le Brexit pourrait entraîner la fin de la protection des droits des travailleurs ou de l'environnement, l'ouverture de la NHS à la concurrence internationale, de plus grandes difficultés à faire du commerce avec nos partenaires...", a averti le député socialiste.
Il n'est pourtant pas certain qu'il parvienne à ses fins de bloquer l'article 50. Tout d'abord parce qu'il ne sera pas forcément élu comme prochain leader des travaillistes le 24 septembre prochain. S'il a les faveurs des députés, à la différence de Jeremy Corbyn qui a perdu un vote de confiance à 172 voix contre 40 en juillet dernier et a malgré tout refusé de démissionner, ce sont les électeurs britanniques de gauche qui choisissent leur représentant. Or Jeremy Corbyn est très populaire auprès des britanniques travaillistes et pourrait donc être réélu. Ensuite, même si Owen Smith est choisi, son parti n'a pas la majorité à Westminster et ne pourra donc pas bloquer le vote qui validerait l'activation de l'article 50. Sachant qu'il n'est même pas certain que la premier ministre Theresa May demande l'avis du Parlement...
La requête d'Owen Smith a fait mouche cependant dans les médias britanniques et auprès de la classe politique alors qu'un sondage paru aujourd'hui également souligne qu'un quart des entreprises européennes entendent réduire leur activité avec les banques britanniques, en raison du Brexit. Selon l'enquête menée par Greenwich Associates, 28% des entreprises européennes ont le projet de s'éloigner des institutions financières de Grande-Bretagne pour leur business et 20% d'entre elles devraient à la place se rapprocher d'autres prêteurs internationaux. L'enquête tombe mal alors qu'hier un influent avocat allemand et proche de Merkel, Michael Fuchs, a déclaré sur Bloomberg TV que l'UE ne changerait en aucun cas ses règles pour préserver l'accès de la City au marché européen. Une façon de dire que le système de passeport ne fonctionnera plus pour les banques britanniques. La classe financière de Londres serait donc très certainement favorable à un nouveau vote dans les prochains mois pour éviter de subir de plein fouet les conséquences d'un retrait...
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