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Politique monétaire / Politique monétaire

Politique monétaire
Politique monétaire

"Jackson Hope"

Les banques centrales européenne, du Japon et chinoise devraient annoncer lors du symposium qu'elles vont poursuivre leur politique accommodante. Si cela devrait rassurer les marchés à court terme, cette politique risque d’être très difficile à arrêter.
Jackson Hole
Jackson Hole

Mario Draghi et Janet Yellen seront les grands absents de la traditionnelle conférence de Jackson Hole qui a débuté hier après-midi dans le Wyoming et dont le thème cette année tournera autour de la « dynamique de l’inflation et de la politique monétaire ». Si la crise chinoise sera certainement au centre des discussions, il est d’ores et déjà certain que plusieurs grandes banques centrales devraient affirmer leur position accommodante. Plusieurs commentateurs ont d’ailleurs déjà rebaptisé le symposium de cette année, « Jackson Hope », un clin d’œil à l’espoir que pourraient susciter les banques centrales auprès des marchés, si elles maintiennent leur politique actuelle plus longtemps que prévu !

Côté chinois, tout d’abord la People Bank of China (PBoC) qui a décidé début août de flexibiliser son taux de change, entraînant une dépréciation du yuan de plus de 3% contre le dollar, puis a abaissé cette semaine le taux de réserves obligatoires des banques, dispose encore de plusieurs instruments de politique non orthodoxe dans sa mallette à outils. Elle pourrait ainsi abaisser encore davantage le taux de ses réserves obligatoires actuellement situé à 18% (contre 18,5% la semaine dernière), augmenter la taille de son bilan, qui représente aujourd’hui 60% de son PIB, ou encore procéder à une nouvelle dévaluation du yuan. Même si selon Bei Xu, de chez Exane, la PBoC devrait sans doute chercher à rassurer les marchés dans un premier temps, « pour que se réduisent les positions vendeuses sur le yuan », avant de baisser de nouveau le taux de change.

La banque centrale du Japon devrait de son côté poursuivre son programme de rachats de titres, qui représentent désormais 65% du PIB du pays, bien que ce QE ait échoué à soutenir la croissance et relancer l’inflation, soulignent les analystes de RBS. Quant à la BCE, son gouverneur Peter Praet a lui aussi donné des gages de confiance aux marchés, en affirmant cette semaine qu’il n’y aurait « pas d’ambiguïté quant à la volonté et la capacité du conseil des gouverneurs à agir en cas de besoin ». Des propos en phase avec ceux du vice-président de la BCE Vito Constancio, qui a de son côté déclaré que « comme toujours, la BCE se tenait prête à utiliser tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat pour répondre à tout changement susceptible d’impacter l’objectif de prix » de son institution. Selon RBS, la BCE pourrait donc renforcer sa forward guidance dans les prochains mois, voire étendre la liste des actifs éligibles au programme de rachats de titres, en ajoutant des obligations corporate. Si le ralentissement chinois s’intensifie, la durée du QE pourrait même être allongée, en particulier parce que l’Allemagne serait la plus impactée de la zone euro par le ralentissement asiatique.

Le symposium sera donc l’occasion pour toutes ces banques de réaffirmer ces positions, et ainsi d’apaiser les marchés boursiers, alors que la Chine fait trembler les places financières depuis le début de l’été. Le discours de Stanley Fisher, le vice-président de la Fed samedi, sera également suivi de très près pour savoir si son institution maintient elle aussi plus longtemps que prévu sa politique conciliante, décalant la première hausse de ses taux directeurs.

Une chose est sûre : si le QE est devenu la norme et la seule réponse des banques centrales au ralentissement économique des dernières années, il ne permettra pas pour autant de rétablir la productivité faiblissante de la plupart des pays ni de réduire le poids de l’endettement des grandes économies. Il risque en revanche de maintenir les banques centrales dans une situation de programme d’achats de titres sans fin, et de leur enlever toute marge de manœuvre en cas d’enlisement de la croissance ou de nouvelle crise financière.

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