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Après Criteo, la licorne Blablacar va-t-elle aussi partir aux Etats-Unis ?
Cocorico, une nouvelle licorne française est née. Blablacar, le site de covoiturage né en 2010 vient de boucler une levée de fonds record dans l’histoire des start-up de l’Hexagone. Elle a collecté 200 millions de dollars, soit le double de son tour précédent en 2014, qui la valorise 1,6 milliard de dollars et en fait donc la troisième licorne française après Criteo et Vente-privee.com. L’objectif est de développer ses services dans de nouveaux territoires, notamment l’Amérique Latine qu’elle va attaquer avec le Brésil.
Mais pour trouver de telles sommes, la jeune pousse a dû, comme l’an passé, se tourner vers les Etats-Unis : ses deux investisseurs sont les fonds américains Insight Venture Partners et Lead Edge Capital, ce dernier ayant déjà participé au dernier tour de table. Isai, le fonds français créé par Pierre Kosciusko-Morizet et Geoffroy Roux de Bézieux et qui avait investi l’an passé, ne remet pas au pot et ce sont donc les américains qui renforcent leur emprise sur le groupe présent dans 19 pays dans le monde.
Vente-privee.com a certes réussi jusqu’à présent à se développer sans avoir besoin de nombreux tours de table ni d’entrée en Bourse (le fonds qatari Qatar Holding est entré au capital fin 2013 mais sans apport d’argent frais), et Jacques-Antoine Granjon reste actionnaire majoritaire de sa success story. Mais cela ne sera probablement pas le cas de Blablacar, qui a d’importants besoins pour financer sa croissance et se positionner sur de nouveaux marchés. Il y a donc toutes les chances pour qu’à l’instar de Criteo, la start-up opte pour la Bourse lors de son prochain tour de table, et que, comme lui, elle choisisse les Etats-Unis pour ce faire.
Si cette opération souligne le succès rencontré par la société de 300 salariés outre-Atlantique, il convient néanmoins de déplorer qu’elle ne puisse trouver les moyens de ses ambitions dans son propre pays. Le marché du capital-risque français a été impacté par des années d’errance fiscale, les revirements du législateur ayant impacté l’investissement des particuliers dans les FCPI et autres FIP pour alléger leur impôt sur le revenu ou sur l’ISF. Il faudrait que de véritables canaux de diffusion de l’épargne à l’économie et en particulier aux start-up soient mis en place en France. Notamment par le biais de l’assurance-vie, une manne financière gigantesque et mal exploitée.
En attendant, les success stories de l’Internet français continueront d’aller chercher des capitaux dans la Silicon Valley, et poursuivront leur existence sur la cote américaine ou avalées par un grand groupe américain. L’histoire dira si Frédéric Mazzella, le fondateur de Blablacar qui a lancé l’opération « Reviens Léon » pour inciter les expatriés à revenir en France pour une carrière épanouissante, sera en mesure de s’appliquer à lui-même cette politique.
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