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IPO de biotechs/medtechs : une pause pour cette année?

Après avoir financé dix IPO dans la santé à Paris cette année, le marché montre une saturation. Si les valorisations restent conservatrices par rapport aux Etats-Unis, les performances sont inégales post-IPO.
Eprouvettes
Eprouvettes

La fenêtre des introductions en Bourse s’était rouverte au deuxième semestre 2013, et les jeunes pousses dans la santé en ont largement profité. Pour leur plus grand plaisir, mais aussi celui de leurs fonds actionnaires, qui cherchaient un relais de croissance, et une porte de sortie à terme. Ce sont ainsi pas moins de dix biotechs et medtechs qui sont entrées sur Euronext et Alternext depuis le début de l’année, dont huit sur le seul mois d’avril !

Si toutes ont réussi à placer leurs actions dans leur fourchette d’estimation, elles n‘ont pas connu les même sorts post-IPO. Ainsi, seuls deux nouveaux venus en Bourse du millésime 2014 affichent des performances positives depuis leur entrée. Genticel, qui développe des vaccins thérapeutiques pour le cancer du col de l’utérus, a depuis perdu près de 30% en Bourse, tandis que de l’autre côté du spectre, TxCell, qui développe de l’immunothérapie cellulaire, a gagné 33%. Deux raisons pourraient expliquer ce succès : le soutien de bpifrance, qui a souscrit au tiers de la levée, mais aussi un prix fixé en bas de la fourchette, laissant de la place à la hausse du titre une fois coté. Deuxième meilleure performance : celle de Crossject, le fabricant d’un système d’auto-injection sans aiguille dont le titre a grimpé de 23% depuis son IPO en février. Dans ce cas, la taille du flottant (33%) pourrait avoir joué un rôle dans le comportement de l’action.

Car en règle générale, les fonds de capital risque actionnaires de ces sociétés ne profitent pas de l’IPO pour céder des titres et sortir, et souvent participent à la collecte pour garder leur poids dans la société. De ce point de vue, les introductions en Bourse sont désormais considérées comme des relais de croissance, alors que le capital-développement réclame parfois plus de revenus ou l’atteinte d’un point mort à plus courte échéance pour investir.

De l’avis des fonds concernés, le problème de la sous-performance ne vient pas des valorisations, jugées conservatrices par rapport aux estimations des analystes aussi bien que par rapport au marché américain. Omnes Capital (l’ex-Crédit Agricole PE) juge que les investisseurs ont commencé à manifester un « trop-plein » lors de l’IPO en avril de SuperSonic Imagine, qui conçoit des échographes nouvelle génération et a réussi à lever 50 millions d’euros. Un sentiment confirmé pour sa mise en Bourse de Pixium Vision, qui élabore un implant rétinien, le mois dernier. Le groupe est parvenu à entrer sur les marchés, mais a dû fixer son prix au bas de la fourchette été stable depuis.

Car la demande reste étroite : les sociétés de gestion n’accordent que de faibles parts de leurs portefeuilles à ces actifs dits risqués, et le retail, qui représente 20% des investisseurs grâce aux dispositifs d’incitations type PEA PME, peut s’avérer volatile en fonction des émetteurs.

Au final, le premier semestre a permis de rattraper la correction des biotechs européennes en 2013 (-20,8% pour l’indice Next Biotech), analyse Alexia Lapeyrouse d’Omnes Capital, si bien qu’il ne faut pas s’étonner d’assister à un goulot d’étranglement. L’indice reste en croissance de 75,8% depuis début 2012, mais il ne faut pas oublier que ce marché est frileux et a besoin d’un newsflow positif et fréquent pour continuer à croître. Il revient donc à la responsabilité des fonds actionnaires comme des banques teneuses de livres de ne pas précipiter les IPO pour assurer une croissance pérenne du secteur. La plupart jugent qu’il serait prudent et louable d’attendre la fin de l’année pour permettre aux prochaines IPO de biotechs/medtechs de connaître une vie cotée moins volatile.

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