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Le site communautaire de location d’appartements Airbnb vaut 10 milliards de dollars
Les
campagnes de publicité géantes dans le métro parisien pouvaient le laisser
supposer, Airbnb est une start-up en plein essor. Et qui est en train de tirer
parti de l’attitude très bullish des investisseurs et fonds de venture envers
les sociétés technologiques, que certains comparent déjà à la bulle Internet des
années 2000. Selon le Wall Street Journal, le site de location de résidences
entre particuliers serait en train de boucler un nouveau tour de table de 400 à
500 millions de dollars pour une valorisation de 10 milliards de dollars !
TPG Capital serait en tête de pont, avec des investisseurs variés comme la
boutique Dragoneer Investment, le fonds mutualiste T. Rowe Price ou encore
Fidelity Investments. Il s’agit de la quatrième levée de fonds d’Airbnb, qui a
été valorisé 1 milliard en 2011 puis 2,5 milliards l’année suivante, et a déjà
attiré des investisseurs renommés comme Sequoia Capital (investisseur chez
WhatsApp, vendu 16 milliards de dollars à Facebook), Andreessen Horowitz (un
actionnaire de Facebook de la première heure) et même le CEO d’Amazon Jeff
Bezos ou encore l’acteur Ashton Kutcher.
A 10
milliards de dollars, Airbnb vaut davantage que le groupe hôtelier Wyndham (9,3
milliards), que Hyatt (8,4 milliards), et même plus de deux fois son concurrent
direct coté, le groupe de locations de vacances HomeAway (3,8 milliards de
dollars). Qu’est-ce qui peut expliquer cet appétit insatiable pour cette
start-up fondée à l’été 2008? Le modèle d’Airbnb, imaginé par trois jeunes qui
louaient leur matelas à air dans leur salon pour boucler leur loyer, n’a pas
tout de suite fonctionné et le trio s’est d’abord résigné à personnaliser des
boîtes de céréales aux couleurs des deux candidats aux élections présidentielles
de 2008. Un succès qui a intéressé l’incubateur d’entreprises, Y Combinator,
qui l’a pris sous son aile. Cinq ans plus tard, le site, qui met en relation des
particuliers pour louer des résidences privées et prélève une commission,
publie 600 000 annonces dans 190 pays et générerait environ 250 millions
de dollars de revenus annuels.
Mais ce
modèle d’un nouveau genre, qui concurrence directement l’offre d’hôtels, fait
aussi face à des problèmes légaux. En octobre, le procureur de l’Etat de New
York, Eric Schneiderman, a demandé à Airbnb de lui donner les noms de ses hôtes
qui violent une loi de 2010 interdisant aux propriétaires et locataires de
sous-louer leur bien pour plus de 30 jours s’il n’est pas présent. La société a
contesté et la voie judiciaire suit son cours. Les problèmes légaux sont
comparables à ceux connus par la société de location de voitures avec
chauffeur, Uber, qui a levé 400 millions de dollars sur une valorisation de 3,8
milliards de dollars l’an passé et mène des batailles juridiques homériques contre
les corporations de taxis.
Une
vingtaine de sociétés ont levé des fonds qui les valorisaient à au moins 1
milliard de dollars l’an passé : Dropbox et le fabricant chinois de téléphones
portables Xiaomi ont été valorisés 10 milliards, et Palantir, un groupe de
logiciels big data, vaut 9 milliards. Parmi les noms connus figurent notamment Zalando
(4,9 milliards), Spotify (4 milliards), Pinterest (3,8 miliards) et SnapChat (2
milliards, qui avait refusé les avances de Facebook avant WhatsApp).
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