WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Private Equity / Private equity

Private Equity
Private equity

Après quatre LBO successifs, Prezioso passe dans le giron de l’industriel Altrad

Le groupe de maintenance industrielle, qui était détenu depuis 2012 par Cinven, a été vendu à Altrad pour 550 millions d’euros. Une belle histoire de croissance malgré la baisse du pétrole, qui montre la compétitivité des corporates par rapport aux fonds à l’heure actuelle.
Prezioso
Prezioso

Les fonds de private equity ont beau avoir les poches pleines, ils peinent à concurrencer les industriels lorsqu’il s’agit de valoriser des actifs sur lesquels ils ne peuvent faire valoir de synergies opérationnelles. Un nouvel exemple vient d’être donné avec la vente de Prezioso, un vétéran du LBO puisqu’il a connu quatre actionnaires financiers successifs, par Cinven. Le fonds de private equity, qui avait racheté ce groupe de maintenance industrielle basé dans la Vienne à PPM (devenu Silverfleet Capital) l’été 2012 pour environ 300 millions d’euros, a, cette fois-ci, été vendu au groupe industriel Altrad. Selon les informations de WanSquare, la valorisation serait de 550 millions d’euros, soit un confortable TRI pour son actionnaire britannique, après moins de quatre ans de détention.

Créé en 1957, le développement de Prezioso s’est construit main dans la main avec le non coté, depuis sa première reprise par Barclays Private Equity en 2000. Moins de deux ans plus tard, des candidats se manifestent déjà et l’actionnaire décide de lancer un mandat de vente, qui aboutit fin 2002 à la vente de la société à PPM Ventures, filiale de l’assureur britannique Prudential, pour environ 170 millions d’euros. Ses revenus atteignent alors environ 175 millions d’euros en 2012, pour une marge d’exploitation de 10%. La direction du groupe, qui a déjà pris une position de leader dans le travail d’anti-corrosion, d’isolation et de revêtements spéciaux en France, est confiée au fils du fondateur, mais ce dernier se fait rapidement dépasser, notamment dans le contrôle des process et l‘élaboration des contrats.

L’histoire ne se passe pas donc comme prévu, Prezioso rencontre des difficultés et en 2006, il se voit contraint de céder les rênes à Indigo Capital, l’investisseur mezzanine qui avait financé la reprise quatre ans plus tôt et fait entrer un nouveau management. Ce dernier n’a pas vocation à rester et engage des négociations exclusives avec 21 Centrale Partners en 2009, mais qui sont rompues faute de respect du calendrier par le repreneur. La crise bat son plein, les banques sont très frileuses voire paralysées et les fonds ont le plus grand mal à valoriser des cibles dans un environnement incertain. Indigo Capital choisit donc de prendre patience et grand bien lui en a pris : il trouve un accord avec Cinven trois ans plus tard, sur une valorisation attractive de plus de 300 millions d’euros contre 90 millions à l’époque.

Sous l’égide de Cinven, Prezioso alimente sa croissance via des acquisitions ciblées, et en particulier celle du norvégien Lingebygg, spécialisé dans les services à l’offshore début 2014. Mais le dérapage du prix du pétrole se fait ressentir dès l’été 2014 et la société réagit rapidement en réaménageant ses contrats. Elle remporte plusieurs victoires, double sa part de marché avec Statoil et signe un contrat avec Chevron en Angola, ce qui lui permet de préserver une activité qui représente deux tiers de ses revenus. En 2015, elle dégage un chiffre d’affaires de 550 millions d’euros, pour 70 millions d’Ebitda, des performances enviées dans le secteur, si bien qu’Altrad approche la société en début d’année. Face à la motivation de son prétendant, Cinven mandate Rothschild et réclame un prix accepté par le repreneur, qui boucle des due diligences en quelques semaines.

Cette belle sortie confirme l'appétit des industriels, qui sont pourvus de cash et peuvent se financer à très bon compte grâce aux largesses de la BCE. Altrad a ainsi levé 500 millions d'euros de dette auprès de BNP Paribas, HSBC et LCL et va utiliser les 300 millions d'euros de trésorerie de la cible. Avec l'accalmie des marchés, les corporates repartent à la chasse aux deals et peuvent, à l'instar d'Altrad, faire valoir des synergies dont ne disposent pas les fonds, d'où de meilleures valorisations. Cinven en a été le meilleur exemple ces derniers mois puisqu'il a vendu Guardian Financial Services à Swiss Re pour 1,6 milliard de livres en septembre dernier, puis l'irlandais Avolon à Bohai leasing pour 7,6 milliards de dollars en janvier 2016. Surtout, cette sortie se fait au profit – Cocorico! - d’un grand industriel français, un cas encore trop rare pour être souligné. Cinven signe ainsi la deuxième cession de son fonds V, qui avait été closé à 5,3 milliards d’euros en 2013. Ce véhicule est désormais investi à près de 80%, et le fonds britannique pourrait annoncer d’ici à la fin avril le closing d’un sixième fonds à 6,5 milliards d’euros, selon les rumeurs. De quoi être bien armé pour identifier de nouvelles pépites françaises et européennes.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article