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Carmignac mise sur l'Argentine
Les gérants de Carmignac ont décidé de placer une partie de leurs billes sur le marché argentin, qui devrait selon eux offrir de belles perspectives d’investissement dans les prochaines années. Avec l’arrivée du nouveau président Mauricio Macri en décembre dernier, bien décidé à instaurer les réformes nécessaires pour faire repartir son économie, l’Argentine devrait se remettre sur les rails, estiment les gérants. Sachant que les fondamentaux du pays ne sont pas si catastrophiques, avec des ménages et entreprises très peu endettés et une dette publique pour moitié détenue par l’Etat. Le crédit est inférieur à 20% du PIB, soit le niveau le plus faible des pays émergents (contre 240% en Chine) tandis que la dette publique représentait 45% du PIB en 2015.
Les deux principaux chantiers auxquels Mauricio Macri a prévu de s’atteler sont le rétablissement de la balance des paiements et la maîtrise de l’inflation. L’Argentine vit en effet depuis de nombreuses années dans une situation de pénurie de dollars, contraignant les autorités à mettre en place des mesures de contrôle des capitaux afin d’éviter d’aggraver la situation. Le gouvernement va donc devoir ranimer les activités capables de générer des devises, telles que les exportations agricoles : le président a justement abaissé les taxes sur les exportations pour progressivement résorber le déficit fiscal. « Le gouvernement Macri a rapidement tenu ses promesses et les réformes évoluent dans la bonne direction » explique ainsi Xavier Hovasse, gérant de Carmignac Emergents. Et de citer notamment la levée des restrictions sur les opérations de change instaurées en 2011 et la libéralisation du taux de change (le peso s’est déprécié de 15,5% depuis le 1er janvier).
La maîtrise de l’inflation demandera sans doute plus de temps, alors que le pays a connu une hausse des prix de 25% en moyenne sur les cinq dernières années (et de 30% en 2016). Le désencrage des anticipations d’inflation passera par les négociations salariales avec les syndicats, qui ont commencé en janvier. La partie s'annonce compliquée, alors que le pays connaît depuis deux jours d'intenses mouvements de manifestations pour protester contre les licenciements massifs qui ont eu lieu depuis le début de l'année. Le nouveau président mène en effet une véritable purge au sein de l'administration, où de nombreux employés exerçaient des emplois fictifs. Carmignac estime cependant que l'habileté de Macri devrait l'aider à trouver un accord avec les puissants syndicats du pays.
Les gérants sont donc investis dans les obligations argentines en dollars de courte échéance, qui ont très bien performé depuis le début de l’année, soutenues notamment par l’accord avec les fonds vautour sur le remboursement de la dette, validé hier par le Congrès du pays. En février dernier, l'Argentine avait accepté de payer 4,6 milliards de dollars au fonds "vautour" NML et à d'autres créanciers, mettant un terme au litige né après la faillite du pays en 2001. Cet accord devrait contribuer à rassurer les investisseurs sur la qualité de la dette argentine. Sur le marché actions, l’une des entreprises préférées du gérant en Argentine est Mercado libre, leader du commerce en ligne dans tous les pays d’Amérique du Sud, où ebay et amazon ne sont pas implantés.
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