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Macro-économie / Taux

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Cette mauvaise nouvelle pour les marchés obligataires souverains / Le Fonds norvégien réfléchit à y atténuer sa présence

Le patron du plus grand fonds souverain de la planète estime qu’il serait pertinent de réduire de 70 % à 50 % la part d’obligations gouvernementales dans sa poche de titres à revenu fixe. En cause ? Un arbitrage entre volatilité, liquidité et rendement.
Nicolai Tangen, directeur général du Fonds norvégien - Photo par OLE BERG-RUSTEN / NTB / NTB VIA AFP
Nicolai Tangen, directeur général du Fonds norvégien - Photo par OLE BERG-RUSTEN / NTB / NTB VIA AFP

Voilà une information peu rassurante par ces temps de flambée des taux d'intérêt souverains. Dans une lettre adressée au ministre des Finances de Norvège, le patron du plus gros fonds souverain de la planète (2 300 milliards de dollars), Nicolai Tangen, recommande d’abaisser de 70 % à 50 % la part d’obligations d'Etat au sein de son portefeuille de titres à revenu fixe. Pour mémoire, un quart des placements du Fonds norvégien, qui a en ligne de mire un indice de référence, sont fléchés vers les titres à revenu fixe (615 milliards de dollars fin juin 2026).

Le ministère des Finances a défini trois objectifs pour les placements obligataires du fonds : réduire les fluctuations de l'ensemble du portefeuille, assurer la liquidité et générer des primes de risque. "Nous estimons que ces trois objectifs restent pertinents, mais qu'ils pourraient être pondérés de manière quelque peu différente dans la composition de l'indice de référence par rapport à ce qu'ils sont aujourd'hui », explique Nicolai Tangen.

Les simulations du Fonds montrent qu’un portefeuille composé à 70 % d’actions et 30 % d’obligations affiche une volatilité annualisée comprise entre 10,7 % et 11,5 % sur la période 1995–2025, selon que la composante obligataire est constituée d’obligations d’État, d’obligations d’entreprises ou de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS). Un portefeuille composé exclusivement d’actions affiche, lui, une volatilité annualisée de 15,3 % sur la même période. « La principale contribution à la réduction de la volatilité en période normale vient du simple fait de détenir des obligations, et non du choix entre les différents segments du marché obligataire », remarque Nicolai Tangen.

D’autre part, rappelons que lorsque la part des actions dans le portefeuille total du Fonds tombe de plus de deux points de pourcentage en-dessous de sa pondération cible de 70 %, la règle de rééquilibrage lui impose de vendre des obligations et d’acheter des actions.

« Les simulations de la règle de rééquilibrage sur la période 1973–2025 indiquent que, en moyenne, le fonds doit vendre des obligations représentant environ 5,5 % de sa valeur au cours d’une opération de rééquilibrage. Et au cours des 5 % des périodes les plus exigeantes, les simulations montrent que le fonds doit vendre des obligations représentant jusqu’à 11 % de sa valeur. Dans ces périodes, cela correspond à un peu moins de 40 % du portefeuille obligataire, pour une allocation de 70 % en actions », indique Nicolai Tangen. Or, « les obligations d’État émises par les marchés développés représentent actuellement environ 70 % de l’indice obligataire, soit 21 % de l’indice de référence du fonds », souligne Nicolai Tangen, jugeant ainsi qu’il existe « une marge de sécurité confortable par rapport aux besoins de liquidité estimés, y compris pendant les périodes de turbulences sur les marchés financiers ».

Enfin, Nicolai Tangen pointe que les obligations d’entreprise, les MBS et les titres de dette émis par des organisations publiques (institutions supranationales, municipalités) ont offert des rendements ajustés du risque supérieurs à ceux des obligations d’Etat entre 1995 et 2025. « Historiquement, les obligations d’entreprises ont évolué dans le même sens que les actions en période de crise, ce qui affaiblit la capacité à réduire les fluctuations précisément au moment où le besoin s’en fait le plus sentir. Les titres adossés à des créances hypothécaires, en revanche, ont démontré des propriétés de réduction de la volatilité en période de crise, mais à un niveau inférieur à celui des obligations d’État », ajoute-t-il.

Le ministère des Finances devra maintenant donner son avis sur cette recommandation.

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