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Macro-économie / Taux

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Comptes extérieurs : la France ne parvient pas à redresser la barre / Ce point fort qui s’érode

En 2025, le déficit de la balance des transactions courantes (solde des échanges de biens, services, revenus avec le reste du monde) de la France s’est creusé pour s’établir à 11,6 milliards d’euros. Si l’Hexagone a pu profiter de la baisse des prix de l’énergie, il a dû déplorer un recul de son excédent généré par les services.
Photo par JAN WOITAS / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Photo par JAN WOITAS / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

Les comptes extérieurs de la France demeurent dans le rouge. Le solde de ses échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde s’est affiché un peu plus en territoire négatif en 2025, à 11,6 milliards d’euros (0,4% du PIB), après 9,3 milliards d’euros en 2024, montre la balance des paiements 2025 publiée par la Banque de France, dévoilée ce matin par son gouverneur, Emmanuel Moulin.

Dans le détail, le déficit des échanges de biens se réduit, à 58 milliards d’euros après 61,4 milliards d’euros en 2024, ce qui est quasi exclusivement le fruit de l’allègement de la facture énergétique, en recul de près de 9 milliards d’euros. « Le solde des biens hors énergie se détériore, notamment dans les secteurs agricole et agroalimentaire, tandis que les matériels de transport bénéficient de la reprise des exportations aéronautiques [l’excédent a doublé, à 10,7 milliards d’euros, ndlr] », explique la Banque de France.

La dégradation de la performance agroalimentaire est notamment à mettre en lien avec des mauvaises récoltes céréalières de 2024 et la forte hausse du prix de plusieurs denrées tropicales, notamment le cacao et le café. Plus généralement, « le relèvement des droits de douane américains semble, à ce stade, se traduire surtout par une recomposition sectorielle et géographique des flux, plutôt que par une baisse globale des exportations françaises. Les effets de report des exportations chinoises vers la France restent limités et concentrés sur certains produits », soutient la Banque de France.

Du côté des services, un des principaux points forts de la France à l’exportation, l’excédent baisse de 5,4 milliards d’euros, à 45,4 milliards d’euros. Le tourisme confirme son rôle de moteur de la balance des services, avec un excédent qui bondit à 20 milliards d’euros, contre 15,9 milliards un an plus tôt. À l’inverse, les services hors tourisme se dégradent, leur solde reculant de 9,5 milliards d’euros.

Le transport contribue largement à ce repli. Après les excédents exceptionnels de 2021 et 2022 liés au fret maritime, puis une stabilisation en 2024 à 3,3 milliards d'euros, le secteur replonge en léger déficit (-0,7 milliard d’euros) en 2025, sous l’effet du recul des performances du transport maritime et de déficits persistants dans le transport aérien et les autres modes. Les autres services restent excédentaires, à 26,1 milliards d’euros, mais enregistrent une diminution de 5,5 milliards par rapport au record de 2024. Cette baisse s’explique principalement par le repli des services financiers, dont l’excédent passe de 18,2 à 13,7 milliards d’euros, affecté par la baisse des revenus liés à l’intermédiation financière dans un contexte de détente monétaire.

Enfin, le solde des revenus reste proche de l’équilibre, à 1 milliard d’euros après 1,4 milliard d’euros en 2024. « La dégradation persistante des revenus d’investissements de portefeuille, liée à la position extérieure nette négative et aux effets retardés du resserrement monétaire, est compensée par des revenus d’investissements directs toujours élevés et par une amélioration du solde des revenus des autres investissements », analyse la Banque de France.

Pour 2026, « les premiers éléments disponibles ne suggèrent qu’un effet limité à ce stade des tensions au Proche et Moyen-Orient sur les voyages ou le solde des biens français », indique la Banque centrale. Sur la base des hypothèses des prévisions de la Banque de France publiées le 16 juin 2026, le solde des transactions courantes se dégraderait légèrement sur l’ensemble de l’année 2026, à -0,6 % du PIB. « Cette évolution résulterait principalement du creusement du déficit des revenus secondaires, notamment sous l’effet de la hausse des contributions françaises au budget de l’Union européenne, tandis que le solde des biens et services resterait globalement stable », explique-t-elle.

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